AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des Finances, Mehmet Simsek, a déclaré mercredi, lors du Sommet des Finances d’Istanbul, que la Turquie a besoin plus que tout de stabilité politique pour arriver à surmonter les difficultés qu’elle rencontre.
Pour Simsek, le processus de résolution était une initiative courageuse qui aurait pu mettre fin, définitivement, au terrorisme en Turquie.
«Pour moi, le processus signifiait plus de démocratie, plus de libertés, a-t-il déclaré. Sincèrement, s'il n’avait pas été utilisé pour d’autres fins, c’était un pas qui comportait de grandes chances de réussite. Notre Président de la République a su être courageux pour cela. Mais nous avons vu que l’objectif du PKK n’est pas de défendre la cause kurde.»
Selon Simsek, grâce aux réformes démocratiques et culturelles de ces dernières années, les citoyens kurdes de Turquie ont bénéficié des libertés les plus importantes de l’histoire, et l’économie de la région du Sud-est a sérieusement progressé.
«Mais le PKK, au lieu de se désarmer et de contribuer à la paix, en a profité pour renforcer son stock d’armes et préparer de plus grandes attaques terroristes, a-t-il expliqué. Le contexte régional de notre pays a rendu les choses plus compliquées, et le PKK, alors que nous croyions être proches de la solution, a choisi de relancer les actions armées.»
L’organisation terroriste va sans aucun doute être battue et éliminée définitivement, a soutenu le ministre.
«Il est peut-être difficile de le concevoir aujourd’hui, mais le PKK va être vaincu. Notre lutte contre le terrorisme va être victorieuse. L’unité et la fraternité de nos 78 millions de citoyens va être renforcée et la paix sera durable. Pour cela, nous devons tous nous opposer au terrorisme »a-t-il dit
Rappelant que lui-même est d’origine kurde Simsek a ajouté: «La Turquie est un pays qui ne fait pas de discriminations ethniques depuis un certain temps. Moi-même je suis kurde. Mes parents ne parlaient pas un mot de turc. Mais aujourd’hui je suis le ministre de la République de Turquie. C’est possible car l’égalité des chances existe dans notre pays. Je suis fier de servir mon pays, qui est bien loin de l’Irak ou de la Syrie à ce niveau.»
Simsek a invité la population à ne pas tomber dans le piège des provocations qui ne cherchent qu’à affaiblir l’union du peuple.
Il a affirmé que la Turquie pourra surmonter tous les défis, économiques ou autres, dès qu’elle aura retrouvé sa stabilité politique.
A l’approche des législatives, le ministre souhaite voir un gouvernement fort se former au lendemain du scrutin du 1er novembre.