AA/ Le Caire/ Hazem Badr
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a affirmé, samedi, dans un communiqué qu’il est en passe de convoquer le chargé des affaires turc « pour lui adresser une lettre de protestation contre les dernières déclarations du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans lesquelles il avait porté atteinte à la personne du Président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi ».
La convocation du chargé des affaires turc au Caire est la deuxième dans un laps d'une semaine, après celle du 20 juillet courant intervenue suite aux déclarations d’Erdogan qui a accusé Al-Sissi de « verrouiller les portes devant aides humanitaires à destination de Gaza sur ordres d’Israël ».
A nouveau, la diplomatie égyptienne a procédé à la convocation du diplomate turc après les déclarations d’Erdogan dans une interview accordée à la chaine américaine CNN, lors de laquelle il affirmé « Je ne vois pas al-Sissi en tant que démocrate comme il le prétend, ni en tant que Président… Al-Sissi n’est pas un démocrate, c’est un tyran et jusque-là je n’ai aucun doute là-dessus ».
Dans son communiqué, la diplomatie égyptienne a estimé que « les dernières déclarations d’Edogan attentatoires à la personnalité du Président et reposent sur des raisons subjectives et reflètent une méconnaissance manifeste de la réalité politique en Egypte depuis 30 juin 2013 et jusqu’à la réalisation de la deuxième échéance de la feuille de route. Date de l'organisation des élections présidentielles libres et transparentes avec la participation active de milliers d’organisations égyptiennes, régionales et internationales, qui ont attesté l’intégrité des Présidentielles ».
La diplomatie égyptienne a estimé que ces déclarations « reflètent l’ingérence inacceptable de l’autorité turque dans les affaires intérieures et représentent une obstination à ignorer des réalités historiques, notamment le rôle de l’Egypte dans la défense de la cause palestinienne et ces positions qui ne font pas objet de surenchère ».
Le ministère égyptien des Affaires étrangères a indiqué « la possibilité de prendre de nouvelles mesures de nature à freiner le développement des relations bilatérales en guise de riposte à ces déclarations ».
Le 24 novembre dernier, l’Egypte a considéré l’ambassadeur turc au Caire « persona non grata » et réduit le niveau des représentations diplomatiques au niveau de chargé des affaires.