AA - Londres - Nur Gülsoy
La Turquie recommence à attirer les investisseurs, selon le ministre des Finances, Mehmet Simsek, qui s'est exprimé à l'Agence Anadolu (AA), vendredi à Londres.
"Il y a un flux de fonds important vers la Turquie, a-t-il dit, sur fonds de la baisse des prix pétroliers. Il y a une demande très remarquable. Nous sommes un pays énergétiquement dépendant. Notre importation était de 9 milliards dollars en 2002. Ce chiffre s'élève à 60 milliards de dollars ces deux ou trois dernières années. C'est beaucoup. La baisse des prix pétroliers aura des impacts très positifs sur la performance économique de la Turquie."
Chaque baisse de 10 dollars des prix du pétrole réduirait le déficit courant turc de 4,5-5 milliards dollars, d'après le ministre Simsek qui a parlé d'une baisse du taux d'inflation également.
"La baisse de ces prix touche partiellement le consommateur aussi, a-t-il constaté. Les dépenses du consommateur augmentent, ce qui contribuera à la croissance."
"La part du déficit courant dans le revenu national baissera probablement en dessous de 5,7%, a poursuivi Mehmet Simsek. Le déficit qui était de 65 milliards dollars, passera peut-être à 45 milliards. Mais cette baisse n'a pas de lien avec la baisse des prix pétroliers dont nous verrons les premiers impacts à partir de 2015."
Mehmet Simsek a cependant estimé que la Turquie ne peut pas s'appuyer sur la baisse des prix pétroliers pour l'amélioration de son économie, et doit poursuivre ses réformes.
Le Premier ministre Ahmet Davutoglu avait annoncé, début novembre, le Programme de réforme économique du gouvernement, composé au total de 25 programmes et 1200 plans d'action visant à porter le PIB à 1300 milliards de dollars, à réduire le déficit courant à 5,2% et le taux de chômage à 7%, d'ici fin 2018.
Le ministre Simsek a aussi commenté l'exemption du service militaire pour les hommes âgés de plus de 27 ans à compter du 31 décembre 2014, en contrepartie de 18 000 livres turques.
"Le montant obtenu par cette exemption ne sera pas déposé dans le budget, a-t-il dit. Nous le déposerons dans le fonds de la Défense seulement et uniquement pour renforcer notre capacité défensive. Donc notre armée sera renforcée en terme de technologie, d'équipements et d'infrastructure. Notre armée planifie de devenir plus professionnelle à long terme."