AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Turquie, qui sera le 24 avril, concentrée sur la commémoration de la bataille des Dardanelles, n'aura pas l'Arménie dans son agenda ce jour-là, a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef de l'Etat, qui reçoit son homologue irakien Fouad Maasoum en visite officielle à Ankara, a tenu mercredi une conférence de presse conjointe avec lui.
"Que vont-ils faire le 24 avril?, a-t-il lancé. Ils se réuniront en Arménie, discuteront, insulteront la Turquie. Nous, en revanche, nous serons à Canakkale ce jour-là, mais sans l'Arménie dans notre agenda. Auparavant nous aurions parlé de la paix le 23 à Istanbul. Voici la différence."
Le ministère turc des Affaires étrangères avait annoncé que la commémoration aura lieu du 23 au 25 avril dans la ville de Canakkale dans l'ouest de la Turquie, en présence d'une centaine de dirigeants d'Etat et d'autres personnalités importantes.
"L'Arménie parle comme si nous allions lui répliquer le 24 avril, a poursuivi Erdogan. Nous n'avons pas un tel souci. Quoi qu'en disent les autres, une centaine de chefs d'Etat, de chefs de gouvernements, de ministres, d'ambassadeurs verront ce qui se passera en réalité à Canakkale."
Les allégations arméniennes sur les événements de 1915 font l'objet de plusieurs débats, surtout à l'approche du 24 avril, date marquant, pour les Arméniens, le centenaire de ces événements.
"L'Union européenne est très en retard par rapport à nous", a aussi dit le président turc expliquant: "Leur toute dernière déclaration concernait 'l'ouverture des archives'. J'insiste depuis douze ans que nous sommes prêts à ouvrir nos archives, et nous attendons que l'Arménie fasse pareil des siennes, si elle en a."
- Conflit au Yémen
Abordant les derniers développement au Yémen le Président turc a déclaré: "Nous nous réjouissons de la décision de l'Arabie Saoudite de mettre fin à l'opération aérienne contre les Houthis et les groupes pro-Saleh. Cette opération que nous avons soutenue depuis le début, en espérant qu'elle ouvrira la voie vers une solution politique, semble avoir atteint ses buts militaires."
Une opération militaire intitulée "Tempête de fermeté" et menée par l'Arabie Saoudite avec l'appui de plusieurs pays du Golfe, avait démarré le 26 mars dernier au Yémen contre le groupe des Houthis, en réponse à la demande du "gouvernement légitime" du Yémen.
Le porte-parole de l'opération, le lieutenant-colonel Ahmed Assiri a annoncé mardi la fin de celle-ci et le lancement de l'opération "Redonner l'espoir".
- Daesh et relations avec l'Irak
Erdogan a souligné que "Daesh essaie d'édifier une politique sur les failles confessionnelles, de saisir des positions en abusant des différences, en provoquant des tensions, c'est un virus important qui cherche à diviser notre communauté", a-t-dit, ajoutant "Certains milieux ont la même approche et se servent de Daesh pour le même objectif."
À propos des relations entre la Turquie et l'Irak, le chef d'Etat turc a affirmé: "Nous avons dépassé la période de faiblesse dans nos relations. Nous nous réjouissons d'avoir retrouvé le dynamisme que nous avions perdu. Nous sommes à égale distance de chaque Irakien quelle que soit sa religion, son origine ethnique, sa confession ou sa race."