AA - Washington - Bilal Muftuoglu
''La présidence turque du G20 permettra davantage à la Turquie de devenir un terminal d'énergie'', a indiqué Fatih Birol, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
Se félicitant de voir le domaine de l'énergie figurer parmi les priorités du gouvernement turc, dans son agenda pour le G20, l'économiste turc Birol a commenté à Anadolu les récents développements dans les marchés gazier et pétrolier en Europe et en Amérique du Nord, et ce, à Washington, lors des conférences sur le rapport de l'AIE ''World Energy Outlook''.
Birol a fait remarquer que l'amélioration des relations turco-irakiennes, notamment après l'investiture du nouveau gouvernement en Irak, ainsi que la récente approche conciliante de l'Iran avec ses voisins, appuieront le rôle de la Turquie comme carrefour énergétique dans la région.
Le projet du gazoduc trans-anatolien (TANAP) permettra, par ailleurs, d'augmenter la capacité turque de transit en gaz naturel, en transportant le gaz turkmène vers l'Europe, a insisté Birol.
''Les ressources de gaz naturel en Asie centrale et dans le Caucase pourront être une alternative au gaz russe pour vue répondre aux besoins énergétiques de l'Europe et réduire sa dépendance vis à vis de la Russie'', a ajouté l'économiste de l'AIE pour souligner l'importance des projets tels que le TANAP.
D'autre part, Birol a aussi évalué l'oléoduc Keystone XL, un projet qui vise à transporter le pétrole américain de l'Etat de Nebraska aux Etats-Unis à l'Etat d'Alberta au Canada.
''L'augmentation du volume du commerce pétrolier entre les Etats-Unis et le Canada implique l'augmentation de l'offre pétrolière mondiale'', a-t-il mis en relief.
A l'égard des préoccupations environnementales quant au Keystone XL, Birol a rappelé que l'impact annuel de ce projet sera moins conséquent que les émissions de carbone chinoises en une seule journée.
Le Keystone XL avait été voté deux semaines auparavant dans les deux chambres du Congrès américain. Le projet avait été approuvé à la Chambre des représentants, à majorité républicaine, et rejeté à très peu de voix près au sénat.
Les républicains, qui ont obtenu la majorité au sénat lors des élections de mi-mandat pourraient rouvrir le débat sur le sujet.