Hasan Öymez,Sarp Özer
13 Octobre 2015•Mise à jour: 13 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Président et porte-parole du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), Omer Celik, a déclaré que l’attentat d’Ankara vise clairement à créer un traumatisme dans la population avant les élections du 1er novembre et à orienter le choix des électeurs.
Omer Celik a répondu, lundi, aux questions du correspondant de l’Agence Anadolu.
«C’est la plus grosse attaque que notre République ait connue dans son histoire, a-t-il déclaré. L’attaque s’étant déroulée en dehors de la zone du meeting, les mesures de sécurité n’y étaient pas appliquées. C’est clairement un massacre. Les deux bombes, d’environ 5kg chacune, ont explosé dans des intervalles très courts pour tuer un maximum de gens. Le bilan est vraiment très lourd.»
Celik a rappelé que la campagne de l’AK Parti a été reportée de plusieurs jours et que le Premier ministre, Ahmet Davutoglu, suit personnellement l’avancement de l’enquête.
«Tout d’abord il faut trouver qui se cache derrière cet attentat et comment il a été organisé, a-t-il dit. Certains éléments semblent pointer du doigt Daech, le PKK et les organisations liées avec la Syrie. Si cet acte est l’œuvre d’un petit groupe qui a pris l’initiative sans en parler avec sa hiérarchie, ça sera plus difficile pour nos services de renseignement de retrouver leurs traces. Nous ne voulons pas nous précipiter dans la désignation des coupables.»
Le porte-parole de l’AK Parti a tenu à souligner que les services médicaux et les laboratoires de la police travaillent d’arrache-pied pour finaliser les dernières identifications des victimes, rappelant que le travail sur l’ADN demande un certain temps.
«Le fait que cet attentat arrive à quelques jours du scrutin n’est pas un hasard, a-t-il expliqué. Notre pays est très expérimenté dans l’organisation d’élections, alors que certains de nos voisins rencontrent beaucoup de difficultés pour y parvenir. Il est certain que cet acte odieux cherche à orienter les législatives du 1er novembre, en créant un traumatisme dans la population. Certains veulent faire porter le chapeau à notre Président de la République. Notre parti est au pouvoir depuis presque 14 ans. Nous allons tout faire pour que ces élections se passent dans les meilleures conditions. C’est aussi à notre avantage. Quel que soit le choix des électeurs, nous voulons qu’il s’exprime de manière libre."
Celik s’est indigné des propos de l’opposition, notamment du Parti Démocratique des Peuples (HDP) qui accuse le gouvernement et l’Etat.
«Dans les pays européens, quand un drame comme celui-ci survient, toute la société se concentre autour du parti au pouvoir pour soutenir la lutte contre le terrorisme, a-t-il dit. Chez nous, le HDP utilise un langage qui va dans le sens des objectifs des terroristes. Les dirigeants de ce parti doivent agir de manière plus responsable. Nous attendons de toutes les composantes de la société plus de solidarité, afin de préserver l’unité et la fraternité de notre peuple. Cet attentat vise l’ensemble de notre pays, pas seulement les organisations et les partis impliqués dans la manifestation.»
Omer Celik a rappelé les appels du Premier ministre en faveur d’une action et d’une déclaration commune entre tous les partis présents au parlement, affirmant que ceci serait une belle réponse aux terroristes.
«Un pays clé se trouve au sud de notre pays, a-t-il ajouté. Cette attaque en plein centre d’Ankara peut chercher à écarter la Turquie des enjeux de la région et à la renfermer sur elle-même.»
Le vice-Président de l’AK Parti a voulu souligner les efforts du Premier ministre pour coordonner et suivre personnellement l’enquête et pour prendre toutes les mesures nécessaires avec les services de sécurité.