Barış Gündoğan,Nur Asena GÜLSOY
27 Septembre 2017•Mise à jour: 27 Septembre 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
Erbil met en danger les intérêts de sa population en s'éloignant de la Turquie, a déclaré, mardi, le porte-parole de la Présidence de la République de Turquie, Ibrahim Kalin.
Le porte-parole a rédigé un article qui a été publié, mardi, par le quotidien turc d'expression anglaise "Daily Sabah".
Il a commenté le référendum d'indépendance organisé par l'administration du District du Nord de l'Irak (IKBY), qui, selon lui, aura de conséquences très "sérieuses".
«La Turquie a été aux côtés des Kurdes d'Irak, aux plans politique et économique, dans les contextes les plus difficiles, a-t-il affirmé. Pourtant, les dirigeants kurdes à Erbil mettent en danger les intérêts politiques et économiques de leur propre population, en essayant de diviser l'Irak et en s'éloignant de la Turquie, leur allié le plus proche.»
Le porte-parole de la Présidence a signalé d'éventuelles sanctions qu'imposera la Turquie, qui ne sera d'ailleurs pas la seule à entamer une telle démarche.
Kalin a ajouté qu'aucun pays ne souhaite la division d'Irak, à l'exception d'Israël qui l'a soutenue ouvertement.
«Compte tenu des dynamiques dans la région, les affirmations suspectes du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne devrait pas rendre les Kurdes heureux mais inquiets», a-t-il insisté.
Les Kurdes d'Irak, tout comme les Arabes, les Turkmènes et les autres composantes du peuple irakien, "méritent une vie en paix et en sécurité", selon Kalin.
«Ils ont été opprimés autant que les Sunnites et les Chiites, par les régimes oppresseurs, a-t-il rappelé. Ils ont contribué au développement du peuple irakien sous diverses formes. Le différend entre Erbil et Bagdad a des bases légitimes. En réalité, Bagdad n'a pas tenu ses promesses en matière de sécurité, auxquelles il s'est engagé mais aussi aux Turkmènes et aux Arabes sunnites.»
Pour le porte-parole, l'IKBY dispose aujourd'hui de son propre parlement, d'un drapeau, de forces de sécurité, d'un contrôle sur les frontières et les douanes et même de sa propre monnaie.
«Aucun autre groupe en Irak ne dispose de ces privilèges, et justement, c'est cela que la décision du référendum a mis en danger, a-t-il déclaré. La division de l'Irak constituera un précédent dangereux pour notre région qui souffre d'importantes menaces sécuritaires.», a-t-il écrit.
Kalin a aussi noté que l'inclusion de Kirkouk, qui ne fait pas partie du territoire de l'IKBY, au référendum, aggravera la situation pour les Turkmènes et les Arabes.
«La Turquie est inquiète au vu de ses liens particuliers avec les Turkmènes d'Irak, a-t-il poursuivi. Les tentatives de transformation démographique à Kirkouk relevaient d'une politique dangereuse. Par contre, le référendum pourra provoquer la tension et des conflits ethniques dans cette ville historique.»
Kalin a signalé que cette politique ne fera que porter atteinte au District du Nord de l'Irak et à sa légitimité.