Afef Toumi
27 Juin 2020•Mise à jour: 27 Juin 2020
AA/Istanbul/Rana Jamous
Un groupe d’experts et d’académiciens a organisé, samedi, une conférence virtuelle sur les problématiques de la transition démocratique dans le monde arabe, intitulée « Avenir de la démocratie dans la région arabe ».
La conférence a été organisée par la «Fondation Morsi pour la démocratie », dont le siège est au Royaume-Uni, et le Centre « Masar » pour les sciences humaines, en Turquie, et s’est déroulée par visioconférence avec la participation d’un groupe d’experts et d’académiciens.
Le dirigeant de la Fondation « Qurtuba pour le dialogue entre les cultures » à Londres, Anas Tekriti, a mis l’accent sur « la nécessité d’un contrat social qui définit les orientations et les courants existants dans le monde arabe, avant de mettre en place les règles de la transition démocratique ».
Tekriti a souligné, dans le même contexte, que « la démocratie se manifeste sous plusieurs formes et à des degrés différents, ainsi, la forme de la démocratie valable dans un pays pourrait ne pas l’être dans un autre, sauf que tous les individus ont le droit, au même degré, à réaliser leurs rêves ».
Il a indiqué, dans le même ordre d’idées, que « le facteur économique est le plus influent dans les pratiques démocratiques et il sera, dans le futur, le facteur le plus important dans le monde».
Pour sa part, le coordinateur du projet de « la transition démocratique » au Centre arabe de recherches, Abdel Fattah Madhi, a souligné que « le changement du régime au pouvoir doit se faire dans tous les sens » et que « la transition démocratique est un objectif souhaité mais dont la réussite n’est pas évidente ».
Madhi a mis l’accent sur « l’existence de deux principaux éléments pour la transition démocratique, le premier étant le degré d’entente entre les groupes politiques qui revendiquent la démocratie et le deuxième consiste en l’approbation extérieure de ce processus ».
Il a salué « le rôle des révolutions arabes ayant prouvé la possibilité du changement, tout en gérant les étapes de la transition ».
« L’élite de ces révolutions a échoué à transformer les revendications populaires en des programmes politiques et les partis n’ont pas su orienter l’action des jeunes », a ajouté Madhi.
Il a poursuivi, dans le même ordre d’idées, que « les élections ne constituent pas un problème en elles-mêmes, mais, la tenue d’élections sans règlements mène à l’échec du processus politique ».
Le sociologue tunisien, Abdessattar Rejeb, a considéré, de son côté, que « l’élite arabe est restée coincée dans le cadre du savoir et du leadership politique et culturel ».
Rejeb a assuré que « les élites entravent, entre autres, la transition démocratique car elles n’ont rien offert à leurs peuples, étant soit limitées à leurs causes individuelles, soit incapables de trouver les solutions nécessaires ».
La Fondation « Morsi pour la démocratie » est une organisation de la société civile créée en 2020, à l’occasion du 1er anniversaire du décès du président égyptien Mohamed Morsi.