Mehmet Tosun,Enes Duran
12 Novembre 2015•Mise à jour: 13 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a déclaré qu’il "serait bénéfique pour la Turquie de débattre d’un régime présidentiel fort mais équilibré grâce à des mécanismes solides".
Kurtulmus a commenté l’actualité et répondu aux questions des journalistes, mercredi soir, au cours d’une émission télévisée sur la chaîne de télévision locale Haberturk.
«Si les acteurs politiques de la Turquie ne changent pas la topographie politique de ce pays en se débarrassant de la constitution héritée du coup d’Etat de 1980, que vont-ils faire d’autre?», s’est-il interrogé.
"’C'est une dette que nous avons tous envers notre peuple", a-t-il encore dit. Nous invitons une nouvelle fois les autres partis à contribuer, sans conditions préalables, à la rédaction d’une nouvelle constitution."
Kurtulmus a tenu à rappeler "qu’il n’est pas question de rédiger la constitution du Parti pour la Justice et le développement (AK Parti), mais plutôt celle de la République de Turquie, et surtout celle de son peuple".
"Même si nous avions remporté 450 sièges au parlement, nous aurions œuvré pour obtenir un large consensus autour de cette question", a-t-il affirmé.
"Il serait bénéfique pour la Turquie de débattre d’un régime présidentiel fort mais équilibré grâce à des mécanismes solides. Au final c’est le peuple qui va décider de ce changement de système ou non", a-t-il lancé.
Sur un autre plan et en réponse à une question sur la relance du processus de résolution et le rôle du Parti Démocratique des Peuples (HDP) en la matière, le vice-Premier ministre a expliqué que pour des raisons politiques, mais surtout humaines, ce parti avait été l’interlocuteur privilégié de l’Etat, avant de rappeler que "ce parti ne livre pas de position claire concernant la violence et le PKK".
«Notre population attend du gouvernement qu’il mette fin au terrorisme, c’est pourquoi nous allons poursuivre cette lutte jusqu’au bout. Mais cela ne nous empêchera pas de renforcer notre démocratie et nos libertés individuelles», a-t-il encore dit.
"Nous n’admettrons plus que ce processus de démocratisation soit saboté et nous continuerons à combattre tout groupe terroriste jusqu’à ce qu’il abandonne définitivement les armes et qu’il quitte notre territoire", a-t-il répété.
Par ailleurs, Numan Kurtulmus est revenu sur la situation en Syrie, affirmant que ce pays voisin est actuellement «partagé entre les groupes terroristes».
"Les pays qui s’impliquent aujourd’hui dans le conflit n’ont toujours pas compris la réalité des enjeux en Syrie", a-t-il expliqué.
"Les solutions proposées par la Russie, à titre d'exemple, une transition de 18 mois avec Bachar al-Assad, feront disparaître la Syrie et mettront en danger toute la région", a-t-il estimé.
Kurtulmus a, en conclusion, dénoncé les affirmations «injustes et infondées» mises en avant dans le rapport d’avancement élaboré par l’Union européenne sur la situation en Turquie.