AA - Vienne
Certains pays européens n’hésitent plus à afficher ouvertement leur politique discriminatoire envers les réfugiés musulmans qui demandent asile.
Les pays de l’Union européenne (UE), après de très longues négociations sur le partage et l’accueil des réfugiés arrivant en Europe via la Grèce et l’Italie, ont finalement trouvé un accord.
Cependant, les critères religieux, invoqués par certains pays, ont fait ressortir une volonté discriminatoire envers les musulmans.
La Slovaquie, qui a toujours affirmé son opposition au système des quotas de réfugiés, vient d’annoncer ne vouloir accueillir que les Syriens de confession chrétienne, officialisant ainsi la discrimination envers les musulmans.
Le Président slovaque a annoncé que le pays accueillerait 100 réfugiés syriens dans les deux prochaines années.
Juste après, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Ivan Metik, a invoqué l’absence de mosquées en Slovaquie pour défendre l’idée de son pays de ne pas accueillir des réfugiés autres que chrétiens, afin, dit-il, de préserver la cohésion sociale.
Le Président de la République Tchèque, Milos Zeman, avait de son côté, récemment provoqué la polémique, en avançant les différences culturelles des musulmans et des habitants de l'Afrique du Nord, pour justifier le fait de ne pas vouloir les accepter dans son pays.
Interrogé par le correspondant de l’Agence Anadolu, l’Ambassadeur de la Tchéquie en Bosnie-Herzégovine, a affirmé que son pays ne prend pas pour critère la croyance des demandeurs d’asile.
Ces politiques discriminanatoires ne sont pas nouvelles en Europe.
En Octobre 2013, la ministre autrichienne de l’Intérieur, Johanna Mikl-Leitner, avait annoncée que seuls un millier de Syriens chrétiens seront acceptés par l’Autriche.
Malgré des déclarations plus nuancées, le site internet du ministère précise parmi les critères de choix «les femmes, les enfants, les familles sans défense et les minorités chrétiennes.»
Selon les experts en droit international, ces propos et ces politiques, défendues par de trop nombreux responsables politiques européens, particulièrement en Europe Centrale, sont clairement contraires à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
Selon le spécialiste en Islamophobie de l’Université de Salzburg (Autriche), Farid Hafez, ce genre de propos dans une ambiance déjà clairement islamophobe en Europe, sont de mauvaise augure.
«Les conséquences de ce genre de propos, même quand il ne sont pas publics, ont des conséquences non négligeables, a-t-il déclaré. Il est difficile de mesurer pour le moment l’écho de ces propos. Les hommes politiques ne pensent qu’aux impacts électoraux, mais les personnes qui vont traiter les demandes d’asiles sont des vrais bureaucrates.»
Francesca Pizzutelli, chercheuse à Amnesty International, a indiqué que l'ONG s'opposera à ce type de politiques discriminatoires.
«La Commission européenne doit s’opposer à cela, a-t-elle expliqué. Il s’agit clairement de discriminations, et nous nous opposerons à cela. »
Selon le quotidien allemand Die Welt, d’autres pays européens, comme la Bulgarie, la Hongrie et la Pologne appliquent le même genre de politique contre les réfugiés musulmans.
Plusieurs responsables politiques de ces pays ont rejetés ces accusations.
Pour autant, dans chacun de ces pays, il est aisément constatable que tant les hommes politiques que les médias utilisent un langage islamophobe.
Les communautés musulmanes de ces pays, notamment en Hongrie s’inquiètent fortement de cette conjoncture.
La Slovaquie, la Tchéquie, la Hongrie, la Bulgarie et l’Estonie s’étaient opposés aux quotas de réfugiés imposés par l’UE, alors que ces pays ne sont pas une destination prioritaire pour les migrants.