İlkay Guder,Ayvaz Çolakoğlu
10 Mai 2017•Mise à jour: 11 Mai 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Toute évolution en Syrie et en Irak est pour nous une affaire de sécurité nationale. Nous voulons croire que nos alliés vont préférer prendre place à nos côtés plutôt que celui des organisations terroristes", a souligné, mercredi, le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan et son homologue sierra-léonais, Ernest Bai Koroma ont animé une conférence de presse conjointe, mercredi, à l'issue de leur entrevue qui s'est déroulée au palais présidentiel à Ankara.
Erdogan a indiqué suivre avec beaucoup d'intérêt les évolutions positives enregistrées au Sierra Leone, victime dans le passé d'une guerre civile destructrice et de l'épidémie d'Ebola, précisant et qu'avec le président Koroma le pays poursuivra sa progression.
Rappelant que la Turquie compte actuellement 39 représentations en Afrique et que les pays africains en disposent de 33 en Turquie, Erdogan a annoncé qu'il était convenu avec le président Bai Koroma de l''ouverture réciproque d'Ambassades.
Le chef de l'Etat turc a également annoncé que les visas diplomatiques allaient être levés entre les deux pays et rappelé le sérieux potentiel dont dispose le Sierra Leone dans les secteurs de l'agriculture, de l'industrie de défense, de la santé, de la pêche, du tourisme, de l'énergie et de l'éducation.
Indiquant que l'entretien en tête à tête a été très constructif, Erdogan a déclaré, "Je voudrais remercier le président pour le soutien appuyé apporté dans notre lutte contre FETO et d'avoir pris la décision de fermer toutes les institutions rattachées à FETO. Afin d'assurer cela, nous fournirons tout le soutien nécessaire à nos amis à travers les bourses accordées par la Turquie et la fondation Maarif".
Erdogan a également spécifié que les soutiens au développement allaient se poursuivre par l'intermédiaire de l'Agence turque de la coopération et de la coordination (TIKA).
Il a également souhaité que le volume des échange commerciaux entre les deux pays, qui avoisine actuellement les 44 millions de dollars (US) soit porté dans un premier temps à 100 millions de dollars avec pour objectif d'atteindre très rapidement les 350 millions de dollars.
Le président turc a abordé aussi la crise syrienne et les récentes décisions, relayées par les médias, et prises par l'Administration Trump.
"Depuis 6 années, notre voisine la Syrie est en proie à une guerre qui a coûté la vie à plus d'un millions de personnes et semé l'instabilité dans la région. Nous observons que les organisations terroristes telles que Daesh, Al Qaida, et le YPG/PYD tentent de tirer profit du chaos qui règne en Syrie" a-t-il lancé.
Erdogan a une nouvelle fois affirmé qu'il n'est pas acceptable de vouloir lutter contre des terroristes en utilisant d'autres terroristes.
"Nous avons mené et menons une lutte contre toutes les organisations criminelles en Syrie. Avec l'opération Bouclier de l'Euphrate, c'est nous qui avons causé le plus de pertes dans les rangs de Daesh et ceci est la preuve concrète de notre position à ce sujet", a-t-il insisté.
"Nous avons ainsi démontré au monde qu'il n'est pas nécessaire d'avoir recours à une organisation terroriste pour lutter contre Daesh.(..) Quelle que soit la raison, la lutte contre l'organisation terroriste de Daesh ne doit pas être menée avec une autre organisation terroriste. Une telle initiative mettrait en danger l'avenir de la Syrie dans la région. On voit où les erreurs du passé ont conduit la Syrie" a-t-il martelé.
Et Erdogan de poursuivre : "Toute évolution en Syrie et en Irak constitue pour nous une affaire de sécurité nationale. Nous voulons croire que nos alliés vont préférer prendre place à nos côtés plutôt que celui des organisations terroristes. Notre position à ce sujet, nos craintes par rapport aux décisions prises, je vais les spécifier en détail au président Trump lors de notre rencontre du 16 mai".
Le président Erdogan a précisé que le mini-sommet de l'OTAN qui aura prochainement lieu à Bruxelles sera l'occasion d'aborder ces questions avec les autres leaders.
"Nous allons mettre sur la table ce sujet lors du mini-sommet de l'OTAN à Bruxelles le 25 mai. Je crois que ces rencontres vont garantir la stabilité dans la région et nous permettre d'atteindre une solution positive en ce qui concerne la Syrie" a-t-il dit.
En conclusion, Erdogan a rappelé que les positions de la Turquie n'ont pas évolué sur la question syrienne. "Nous avons toujours exprimé notre opposition au morcellement de la Syrie. Pour le processus qui va suivre, nous sommes pour une solution réfléchie. J'espère que cette erreur (la fourniture d'armes au PYD par les Etats-Unis) sera rectifiée le plutôt possible".