Mehmet Tosun,Ayvaz Çolakoğlu
09 Janvier 2018•Mise à jour: 09 Janvier 2018
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Ceux qui sont tombés de ce train, qu'ils ne m'en tiennent pas rigueur, resteront là où ils sont tombés" a asséné le président turc, Recep Tayyip Erdogan qui s'exprimait mardi, lors de la réunion hebdomadaire des députés de son parti, le Ak Parti (Parti de la Justice et du Développement) qui s'est déroulée à l'Assemblée Nationale d'Ankara, la capitale turque.
Erdogan a mis en garde contre toute tentative de scission au sein de son parti, rappelant qu'il serait intraitable face à tous ceux qui tenteront d'égratigner les liens qui unissent l'Ak Parti et le peuple, des liens qui font la force de son mouvement dit-il.
"Aucun de ceux qui dans le passé étaient membres de notre parti et qui aujourd'hui s'orientent vers d'autres horizons n'a le droit de s'exprimer sur notre parti, notre mouvement" a t-il affirmé.
Et Erdogan de poursuivre :
"Ceux qui nuisent à cette unité et solidarité doivent savoir qu'ils ne sont plus les passagers sincères de ce mouvement. Ceux qui sont tombés de ce train, qu'ils ne m'en tiennent pas rigueur, resteront là où ils sont tombés".
Erdogan a assuré que 2019, année électorale avec trois élections de prévues, verrait s'affronter les partisans d'une Turquie souveraine, indépendante, les défenseurs des intérêts nationaux et ceux dont les cordes, faisant ici référence aux marionnettes, seraient entre les mains de groupes ou réseaux étrangers.
"Il est certain que les élections de 2019 vont voir s'affronter les locaux et ceux dont les cordes sont entres les mains d'autres entités" a t-il dit.
Par ailleurs, le président turc a une nouvelle fois abordé en des termes véhéments le procès "politique" qui se déroule à New York aux Etats-Unis où un banquier turc accusé d'avoir aidé l'Iran à contourner les sanctions américaines a été condamné par un jury populaire. Erdogan a jugé qu'il s'agissait d'une "mise en scène" qui devait être appréciée comme la poursuite des efforts visant à déstabiliser la Turquie qui s'inscrivent dans la continuité du putsch avorté du 15 juillet.
"Ceux qui ont échoué le 15 juillet, avec la tentative de coup d'état, sont à la recherche d'autres façons de parvenir à leurs fins. Le procès qui se déroule actuellement aux Etats-Unis, à la teneur politique, est une initiative en ce sens" a t-il assuré.
Concernant la situation en Syrie, le chef de l'Etat turc a rappelé que la Turquie n'autoriserait pas la concrétisation du projet de "corridor du terrorisme" au Nord de la Syrie, et qu'il était temps de faire échouer complètement ce plan en poursuivant avec Afrin et Manbij, le processus entamé avec l'opération Bouclier de l'Euphrate.
Il a également souligné que la lutte contre les terroristes séparatistes du PKK ne faiblirait pas en intensité, précisant que des liens forts étaient renoués avec les populations des régions débarrassées de l'emprise du PKK.
Concernant la politique d'ouverture de la Turquie à l'internationale, Erdogan a rappelé que son pays possédait actuellement 41 ambassades sur le continent africain mais qu'elle projette à terme, d'en ouvrir une dans chaque pays en Afrique, avant de préciser que la prochaine étape de cette ouverture était les pays d'Amérique latine.