Mümin Altaş,Tuncay Çakmak
04 Décembre 2017•Mise à jour: 05 Décembre 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré qu’il n’a absolument pas la volonté de restreindre les mouvements des capitaux.
Le Chef de l’Etat s’est exprimé, lundi, lors du programme intitulé "Ceux qui ont surmonté les handicaps 2017" organisé à Ankara par son parti, le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti).
Erdogan a d’abord salué toutes les personnes en situation de handicap, en Turquie et dans le monde, à l’occasion de la Journée Mondiale des Handicapés du 3 décembre.
Le Président de la République a ensuite souhaité revenir sur la polémique engagée par ses opposants après ses propos tenus la veille concernant "des hommes d’affaires" qui chercheraient à faire fuir leur argent à l’étranger.
"J’ai dit que face à ceux qui veulent envoyer leurs profits à l’étranger, nous serons intransigeants. Mais certains ont cherché à déformer mes propos. Je tiens à éclaircir : la Turquie est une économie de marché. Depuis 1989, tous ceux qui le veulent peuvent envoyer de l’argent à l’étranger. Rien ne changera sur ce point", a-t-il indiqué.
Erdogan a précisé que la Turquie est un pays qui investit dans d’autres pays : "ces 15 dernières années, 180 milliards de dollars d’investissements étrangers ont été enregistrés en Turquie. Dans le même temps, les investissements des entrepreneurs turcs à l’étranger ont atteint 40 milliards de dollars. Depuis le début de l’année (en neuf mois), les investissements turcs à l’étranger ont été de 2 milliards de dollars, alors que les investissements étrangers en Turquie ont été de 7,5 milliards de dollars".
Le Président turc s’est dit très fier de constater les investissements turcs lors de ses voyages à l’étranger.
"Il n'est pas question que je veuille restreindre les mouvements de capitaux. Ceux qui, dans le cadre de leurs liens avec FETO ou le PKK, transfèrent leur argent à l'étranger sont déjà des traîtres. Ce que je veux dire, c'est que dans cette période où notre économie est attaquée, nos entrepreneurs doivent avoir une attitude patriotique. S'ils ne doivent pas soutenir l'économie turque maintenant, quand le feront-ils?", a-t-il expliqué.
Et d’ajouter : "Nous n'aurons jamais rien à redire sur ceux qui transfèrent de l'argent à l'étranger dans le cadre d'investissements".
Le Président turc a poursuivi son intervention en vantant les mérites de l’économie turque, notamment au niveau des exportations qui ont enregistré une importante hausse en novembre pour atteindre un total de 155,5 milliards de dollars sur les 12 derniers mois.
Erdogan s’est ensuite attardé sur la nécessité, selon lui, d’enseigner les valeurs de la culture turque aux jeunes générations "pour qu’elles ne tombent pas dans le piège des organisations terroristes comme Daech, Al Qaida ou Boko Haram qui se servent de l’Islam pour atteindre leurs objectifs sanglants".
"Je tiens à souligner le fait que l'enseignement de nos valeurs est essentiel. A mes yeux, un système éducatif, qui n'enseigne pas à nos enfants les valeurs de notre civilisation, de notre histoire et de notre culture, ne peut aboutir qu'à un échec", a-t-il estimé.