AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis l'accent sur les réfugiées, à la veille de la Journée internationale de la femme.
Le chef d'Etat s'est exprimé lors du 20ème congrès des ouvrières du Syndicat turc du métal, vendredi à Ankara, rappelant que 300 000 personnes ont péri en Syrie, 5 millions autres ont été déplacées.
"Ce sont les femmes qui se sont chargées de ce fardeau, a-t-il affirmé. Ô monde, ô Occident, vous parlez des droits des femmes mais qu'avez-vous fait jusqu'à maintenant pour les droits de l'Homme des deux millions de réfugiés irakiens et syriens que la Turquie a accueilli? Vous ne faites rien. Le soutien que nous avons reçu est de 250 millions de dollars. Alors que nos dépenses sont de 5,5 milliards de dollars."
- La discrimination à l'égard des femmes
"Les Européennes, les Américaines sont des femmes, et les Syriennes, les Irakiennes, les Birmanes, les Turques ne le sont-elles pas?, a lancé Erdogan. Tandis que l'Occident discutait si les femmes étaient ou pas des êtres humains, notre religion avait interdit absolument d'humilier et de tuer les femmes. Par ailleurs, indiquer les différences naturelles entre l'homme et la femme ne relève pas de la discrimination mais de la garantie de la protection des droits. S'opposer à la commercialisation et l'abus du corps féminin n'est pas une discrimination mais un respect envers l'honneur et la dignité de la femme."
Rejetant tout abus de la femme, Erdogan a assuré les soutenir dans les domaines professionnels et estimé que les femmes seront plus visibles dans les milieux politiques, avec les élections législatives prévues pour le 7 juin. En outre, il a abordé l'agression d'une femme à Kabatas (quartier littoral à Istanbul) en 2013, lors des manifestations du parc Gezi, sujet qui a fait débat récemment dans la presse.
"Lors des manifestations, une femme a été agressée par un groupe à Kabatas, avec son enfant à côté, a-t-il affirmé. Personne n'a discuté de ces agresseurs, personne ne les a condamnés, ne les a poursuivis. D'autant plus qu'on ne s'est pas épargné d'insulter cette femme."
- Candidature de l'ancien président Abdullah Gul, et le paysage économique
À l'issue du Congrès, le président Erdogan a répondu aux questions des journalistes, où il a commenté le retour éventuel de l'ancien président Abdullah Gul à la scène politique, et le paysage économique du pays.
"C'est à Monsieur Gul de décider de sa candidature, a-t-il dit. J'estime pour ma part que ce serait une bonne avancée."
Son mandat présidentiel arrivé à terme en 2014, Abdullah Gul, onzième président de la République de Turquie, avait déclaré le lendemain de l'élection présidentielle, qu'il "retournera certainement à son parti [Parti pour la Justice et le Développement], ceci étant très naturel pour lui."
En outre, Erdogan a affirmé: "Tout d'abord, voici ce que nous constatons une fois que nous évaluons le niveau du dollars, de l'euro et du taux d'intérêt: le 'lobby du taux d'intérêt' s'efforce, a-t-il dit. Il est trompeur de faire circuler certaines allégations. Dans le contexte présent, ce lobby ou ceux qui investissent en dollars, pourraient être déçus."