İlhan Toprak,Tuncay Çakmak,Saida Charafeddine
07 Avril 2016•Mise à jour: 08 Avril 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a mis en garde les élus du Parti Démocratique des Peuples (HDP) qui utilisent les moyens de l’Etat pour venir en aide aux terroristes du PKK dans les régions de l’est et du sud-est de la Turquie.
Le Président Erdogan s’est exprimé, jeudi, sur l’actualité nationale et internationale lors de l’accueil de fonctionnaires de police à l’occasion du 171ème anniversaire de la création de la police nationale.
«Ceux qui utilisent les moyens fournis aux municipalités par l'Etat, pour menacer notre Etat et notre peuple, qui creusent des tranchées, installent des barricades et veulent diviser notre pays, trouveront en face d'eux cet Etat. Il n'y a pas d'échappatoire" , a averti Erdogan.
Le président turc a sévèrement dénoncé ceux qui critiquent les méthodes de la Turquie contre le terrorisme.
«Si nous prenions même un dixième des mesures prises par les pays occidentaux contre le terrorisme, ils mettraient le monde en alerte en parlant de démocratie, de droits de l’homme et des libertés, a-t-il affirmé. Quand l’Occident défend ses citoyens c’est légitime mais quand nous parlons de défendre les nôtres cela pose problème. Pourquoi un tel double standard.»
Erdogan est par ailleurs revenu sur la lutte contre l’organisation étatique parallèle.
«Cette organisation illégale s’est surtout incrustée au sein de notre police et de notre justice. Par la présence de ses membres au sein de ces institutions, l’organisation parallèle a poussé notre pays au bord du gouffre. Elle a été impliquée dans de nombreuses affaires sombres», a-t-il affirmé.
Erdogan a rappelé toute la détermination de l’Etat à lutter contre l’organisation parallèle, qui selon lui, a «causé de gros dégâts à l’institution policière».
«Il reste beaucoup à faire contre l’organisation parallèle, mais nous allons reformer une police nationale attachée à son Etat, au Droit et à son peuple», a-t-il encore dit.
Puis, le président turc s’est exprimé au sujet de l’accord de renvoi des migrants clandestins d’Europe vers la Turquie.
Il a averti l’Union Européenne (UE) que dans le cas où elle ne respecterait pas ses engagements, la Turquie ne mettra pas en place les modalités de l’accord du 18 mars dernier.
«Il y a une procédure et des critères à respecter pour chacune des parties. Si l'UE ne met pas en pratique ses promesses, la Turquie ne mettra pas en oeuvre les siennes. Tout doit se faire dans le respect total de l'accord signé", a-t-il dit.
"L'accord avec l'UE ne prévoit pas que la Turquie doit accepter sans condition chaque migrant renvoyé. Affirmer le contraire c'est faire preuve de désinformation. Le retour d'un migrant ne peut se faire qu'avec l'aval du pays d'accueil, en l'occurrence la Turquie", a-t-il insisté.
Erdogan a rappelé que l’accord concerne un total de 72 000 migrants clandestins, et pas un de plus.
«Une fois ce nombre atteint, un état des lieux sera fait avec nos partenaires européens et un nouveau plan sera préparé», a-t-il encore dit.
Le Chef de l’Etat en a encore une fois saisi l'occasion pour critiquer l’inaction de la communauté internationale face au drame humain vécu par des millions de Syriens.