Enes Kaplan,Tuncay Çakmak
19 Avril 2016•Mise à jour: 20 Avril 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a sévèrement critiqué le rapport d’avancement sur la Turquie, présenté par le Parlement Européen (PE), le qualifiant de «rapport destructeur» pour les relations Turquie-Union européenne (UE).
Le Président turc s’est exprimé, mardi, devant des maires de quartiers et de villages originaires de différentes régions et provinces de Turquie.
"Notre objection ne concerne ni le Parlement Européen, ni le rapport lui-même. Nous contestons que ce rapport soit rédigé sur une base destructrice plutôt que constructive. Alors que nos relations avec l'UE vont dans le bon sens sur la question des migrants, du processus d'adhésion ou des visas, il est purement provocateur de rédiger un tel rapport", a-t-il regretté.
Et d'expliquer : "Il est normal que ce rapport du Parlement Européen soit basé sur des fausses informations que ce soit au sujet de Chypre, de la crise des réfugiés en mer Egée, de la question arménienne ou des opérations contre les terroristes dans le sud-est de notre pays, puisque ceux qui leur soufflent ces informations sont membres du HDP [Parti démocratique des peuples]. Ce rapport n'a aucune valeur, c'est pourquoi il a été renvoyé."
En conclusion Erdogan a affirmé que «l’Union Européenne a beaucoup plus besoin de la Turquie que la Turquie de l'UE».
Le Chef de l’Etat s’est, par ailleurs, exprimé sur la question de la lutte contre le terrorisme affirmant, une nouvelle fois, toute la détermination de la Turquie de mettre fin à ce fléau.
"Nous avons d'abord essayé l'Ouverture Démocratique, puis l'Union Nationale et la Fraternité, et enfin le Processus de Résolution, mais tous [ces essais] ont été exploités et sabotés, a-t-il rappelé. Aujourd'hui, c'est l'heure des opérations sécuritaires pour venir à bout du terrorisme."
Erdogan a expliqué que les forces de sécurité, soldats, gendarmes, policiers et gardiens de villages, tous, combattent solidairement les terroristes.
«Nous savons très bien que le but réel est de nous [la Turquie] effacer de cette région, mais je suis désolé, cette période est révolue» a-t-il lancé.
Le Président turc a sévèrement critiqué les tentatives de certains pays européens et des Etats-Unis visant à "légaliser" le PKK ou le PYD-YPG (branche syrienne du PKK). il a rappelé que ces tentatives reviennent à vouloir "légaliser" Daech.
«Les messages de solidarité contre le terrorisme alors que le PKK ou le PYD-YPG réalisent librement en Europe des campagnes pour obtenir un soutien financier et qu’ensuite ces organisations terroristes achètent des armes avec l'argent, n’a aucun sens», a-t-il dénoncé.
«De la même manière que les activités de Daech en Europe nous inquiètent, nous devons, et ils doivent [les Européens] s’inquiéter des activités du PKK», a-t-il encore dit.
«Souhaitez-vous une solution ? La voici alors : Nettoyer ces territoires de l'organisation terroriste, jusqu'à sa plus petite particule", a-t-il encore dit.