AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a fixé un calendrier provisoire pour l'élaboration de la nouvelle constitution turque, annonçant que son gouvernement relancera le processus d'élaboration dès juin 2015.
S'exprimant, dimanche, à Ankara lors du congrès provincial de son parti (Le Parti pour la justice et le développement ou AKP, au pouvoir), Davutoglu a noté que la nouvelle constitution aura pour but de ''rétablir la politique, la justice et tout type d'institution constitutionnelle'' et d''officialiser'' l'approche démocratique de son gouvernement basée sur le respect des droits de l'Homme.
Davutoglu a par ailleurs fait savoir que le gouvernement annoncera une série de réformes de transformation économique, dans huit secteurs à caractère social, dans le cadre du 10e Plan de développement.
Davutoglu avait annoncé huit autres plans de transformation économique au courant de la semaine, portant sur "la haute productivité, l'épargne et la prévention de la dilapidation, le Centre international financier d'Istanbul, la rationalisation des dépenses publiques, la haute qualité des services publics, le développement des milieux d'affaires et d'investissement, le développement de l'infrastructure des statistiques et la lutte contre l'économie informelle''.
D'autre part, le Premier ministre a réitéré la détermination de son gouvernement à prévenir et à rendre responsable tous ceux qui intentent une action à l'encontre de la volonté nationale ''à travers des complots sous prétexte d'allégations de corruption''.
Les remarques de Davutoglu surviennent après la vague d'arrestations dimanche dernier, de personnalités des médias et de la police dans treize villes à travers la Turquie, dans le cadre de l'opération contre l''organisation parallèle''.
''L'opération n'est nullement liée à une question de liberté de presse, a insisté Davutoglu, cette dernière est garantie par la constitution turque''. Pourtant, "personne n'est exempt de rendre des comptes, en raison de sa profession ou de son titre", a-t-il poursuivi.
Le procureur de la République avait émis un mandat d'arrêt contre 31 personnes, accusées, entre autres, de falsification des documents officiels, fabrication de preuves, de formation d'une présumée organisation criminelle par la force et d'atteinte à la souveraineté de l'Etat.
Le Président-directeur général du groupe "Samanyolu Media", Hidayet Karaca, les anciens commissaires Tufan Erguder, Ertan Ercikti et Mustafa Kilicaslan, avaient été finalement arrêtés vendredi à Istanbul tandis que huit autres personnes, dont Ekrem Dumanli, le rédacteur en chef du quotidien "Zaman", avaient été libérées suivant les procédures du contrôle judiciaire.
Un réseau de bureaucrates et de hauts responsables étatiques turcs, proches de la personnalité religieuse Fethullah Gülen, œuvrerait à saper le gouvernement en s'ancrant de manière méthodique dans les arcanes de l’Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité. Le gouvernement actuel appelle ce réseau ''organisation parallèle''.