Kadir Karakuş
08 Février 2016•Mise à jour: 09 Février 2016
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a affirmé que personne ne doit tolérer les opérations aériennes russes, qui relève de l'épuration ethnique, en se disant : "dans tous les cas la Turquie accueillera les réfugiés syriens".
Davutoglu et la chancelière allemande, Angela Merkel, en visite officielle en Turquie, ont tenu une conférence de presse commune, lundi, au palais de Cankaya, à Ankara.
Outre les relations bilatérales, Davutoglu et Merkel, ont discuté de la question syrienne et des réfugiés.
Le premier ministre turc a affirmé que des développements importants sont survenus à propos de la Syrie depuis la semaine dernière où il avait rencontré la chancelière allemande à Londres.
"Alors que d’un coté, les délégations de l’opposition et du régime d’al Assad se sont retrouvées à Genève pour parvenir à une solution à la crise syrienne, de l’autre coté, la Russie a intensifié ses bombardements à Alep, à Azez et dans les régions voisines",a-t-il dit.
"Le régime d’al Assad, avec le soutien des combattants étrangers, majoritairement en provenance de l’Iran et du Liban, se sont dirigés vers le corridor stratégique entre Alep et la Turquie de manière à empêcher l’acheminement des aides humanitaires", a-t-il ajouté.
Il s’agit là "d’une tentative réelle d’assiéger Alep". C’est pourquoi, selon Davutoglu, ces millions de Syriens vivant à Alep et dans ses alentours sont au bord d’une nouvelle tragédie.
Rappelant la présence d’environ 30 000 Syriens en attente aux frontières entre la Syrie et le sud de la Turquie, Davutoglu a déclaré: «Personne ne doit tolérer les opérations aériennes russes, relevant de l'épuration ethnique, en se disant que «dans tous les cas, la Turquie accueillera les réfugiés syriens», et a poursuivi : "Personne ne doit attendre de la Turquie qu’elle endosse la question syrienne toute seule, en se disant que «la Turquie fait entrer les Syriens à l’intérieur de ses frontières."
Davutoglu a indiqué, par ailleurs, que lors de sa rencontre, lundi, avec la chancelière Merkel, ils ont déterminé dix sujets sur lesquels ils agiront de manière parallèle.
"C’est en ce sens que nous avons décidé de lancer une initiative diplomatique commune pour que les bombardements cessent en Syrie pendant cette période de négociation", a-t-il ajouté.
En outre, Davutoglu s’est prononcé à propos des trafiquants d’êtres humains : «Pour la Turquie toute opération de trafic d'êtres humains est à considérer comme un crime contre l'humanité, comme un forfait similaire au terrorisme. »
"Les instructions nécessaires ont été données au ministère turc de l’Intérieur pour intensifier les travaux menés au niveau des parcours illégaux »,a-t-il mentionné.
Davutoglu a notamment précisé que des efforts supplémentaires seront menés par la Turquie et l’Allemagne pour que le Frontex travaille plus efficacement.
"Une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN est prévue jeudi prochain, a-t-il lancé. L'Allemagne et la Turquie proposeront d'examiner la question des flux des réfugiés et toutes ses conséquences, pour une intervention de l'OTAN par l'utilisation notamment de ses mécanismes d'observation et de surveillance aux frontières et en mer Egée.»
Davutoglu a indiqué que les projets relatifs à «l’éducation des jeunes syriens» et «les établissements de santé » seront transmis à l’Union Européenne, et ainsi, commencera l’utilisation des trois milliards d’euros de fonds européens pour les Syriens.
Le premier ministre turc a notamment souligné qu’avec son hôte allemande, ils ont eu l’occasion de traiter des développements dernières dans les Balcans, en Asie, et dans les Caucase et de l’ouverture probable, dans le proche avenir, de certains chapitres des négociations UE- Turquie.
Au sujet des opérations sécuritaires menées dans le sud-est du pays, Davutoglu a affirmé: « Les opérations sécuritaires dans le district Cizre de Sirnak prendront fin très prochainement. En Turquie, toutes les opérations sont menées selon les règles du droit démocratique et de manière transparente.»
Davutoglu, s’est notamment exprimé au sujet de l’accrochage qui a eu lieu à Cizre, dans un bâtiment occupé par le PKK : « Ce lundi matin, le bureau du gouverneur de Sirnak à publié un communiqué à ce sujet [indiquant la mort de dix terroristes], n’accordez de la valeur qu’à celui-ci.»
"Aucun pays démocratique ne peut ni accepter, ni tolérer, la présence d'un groupe armé dans une de ses régions. Dans les pays démocratiques, seuls les forces de l'ordre, qui rendent des comptes au peuple, ont le droit légitime d'utiliser la force. »a-t-il conclu.