Melda Çetiner Karagöz
25 Novembre 2015•Mise à jour: 26 Novembre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a déclaré qu’il est du devoir du gouvernement de défendre le territoire contre toute violation terrestre ou aérienne.
Davutoglu s’est exprimé devant le groupe du Parti pour la Justice et le développement (AK Parti) au parlement, mercredi.
«Deux avions qui violaient notre espace aérien ont été avertis à dix reprises en cinq minutes. L’un d’eux a quitté notre espace mais pas le second. Conformément aux règles internationales d’engagement, nos F-16 sont intervenus» , a-t-il déclaré.
«Ce n’est pas une situation que nous avons souhaitée. Si une violation de notre territoire, au sol ou dans les airs, a lieu, malgré tous nos avertissements, c’est notre droit de prendre les dispositions nécessaires et c’est notre devoir envers notre peuple», a-t-il poursuivi.
Davutoglu a tenu à souligner que l’avion a été touché alors qu’il se trouvait dans l’espace aérien turc, avant de s’écraser en Syrie.
Le chef du gouvernement a expliqué qu’après plusieurs autres violations de l’espace aérien turc, par des chasseurs russes notamment, Ankara avait déjà rappelé les règles d’engagement aux autorités de Moscou.
«Nous avons informé nos interlocuteurs russes qu’en cas de nouvelles intrusions dans notre espace, nous prendrons des mesures militaires, quelles que soient les origines de ces avions», a-t-il précisé.
Davutoglu a indiqué que le gouvernement a pris toutes les mesures diplomatiques pour informer la communauté internationale, notamment le Conseil de Sécurité des Nations Unies et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), sur les évènements qui ont conduit à l’incident avec le chasseur russe.
«Je tiens à remercier tous nos alliés et les organisations internationales qui ont déclaré leur soutien à notre pays dans cette affaire», a-t-il encore déclaré.
Le Premier ministre turc a tenu à souligné: "Nous n'avons pas l'intention d'élever la tension avec la Fédération de Russie. La Russie est notre voisin et notre ami. Les relations entre des grands pays ne peuvent pas être sacrifiées à cause d'un manque de communication. La Russie est l'un de nos partenaires privilégiés au cours de ces treize dernières années.
Il a cependant critiqué les frappes russes en Syrie sous le prétexte de lutte contre Daech, accusant Moscou de soutenir le régime de Bachar al-Assad en bombardant les opposants au régime.
«Dans la région Bayirbucak, il n'y a aucun membre de Daech, a-t-il affirmé. Personne n'est en droit d'intervenir dans cette région en prétendant combattre Daech. Nous ne leur permettrons pas d'attaquer des personnes innocentes."
Par ailleurs, Ahmet Davutoglu a réagi aux commentaires de l’opposition à la suite de l’incident avec la Russie.
"Je voudrais donner un conseil aux dirigeants des partis de l'opposition: Ayez une attitude ferme et solidaire avec le gouvernement pour la protection de l'espace aérien turc, ou alors, écartez-vous et occupez-vous de vos congrès", a-t-il lancé.