İlhan Toprak,İsmail Çimen
29 Octobre 2015•Mise à jour: 29 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, s'est dit "satisfait" de l'intérêt réel affiché par les citoyens pour les élections législatives du 1er novembre, malgré l’attentat d’Ankara et l'ensemble des provocations visant à saboter le scrutin.
Davutoglu accordait, mercredi soir, une interview aux chaines de télévision locales "Kanal 7 et Ulke TV", à quelques jours du scrutin de dimanche.
"Certains spéculateurs affirment que la participation au scrutin du 1er novembre sera faible", a-t-il fait observer.
"Moi, je pense le contraire, je suis convaincu que la participation sera supérieure au dernier scrutin. Nous sommes devant une situation inédite pour ces dernières années: soit un gouvernement avec un parti unique soit une coalition", a expliqué Davutoglu.
Le Premier ministre a rappelé que les négociations menées pour un gouvernement, après le 7 juin, n’ont pas abouti à cause des obstacles dressés par les partis d’opposition, le Parti Républicain du Peuple (CHP) et le Parti d’Action Nationaliste (MHP).
«Nous constatons que le leader du MHP a des difficultés à expliquer son attitude à sa propre base", a-t-il affirmé.
"Monsieur Devlet Bahceli avoue dans un sens qu’il est coupé de ses propres électeurs. Il est comme un joueur de football qui serait sur le terrain mais qui ne voudrait pas marquer de buts. Dans ce cas, pourquoi fait-il de la politique, s'il repousse l’opportunité d’être au gouvernement ?», s'est interrogé Ahmet Davutoglu.
Le Premier ministre a, dans le même ordre d'idées, critiqué la manière adoptée par ses "adversaires politiques" pour faire de la politique. .
"Aujourd’hui [mercredi], notre responsable du bureau de vote, a été assassiné dans son véhicule à Nusaybin (Sud-est)", a-t-il dit.
"Mais aucun des leaders de l’opposition ne m’a appelé, ou n’a condamné cet assassinat. Il a été tué par deux membres du YDG-H (branche des jeunes du PKK). Voyons si Demirtas (leader du HDP) serait capable de qualifier de meurtrière cette organisation", a lâché le chef de l'AK Parti.
Ahmet Davutoglu a dénoncé, également, les propos diffusés par certains médias ou tenus par des hommes politiques qui cherchent à faire propager l'idée que le pays est en guerre civile. "Ce sont des prédicateurs du mal", a-t-il poursuivi.
"Toutes les institutions de ce pays fonctionnent normalement. Le Parti Démocratique des Peuples (HDP), qui ne sait pas dénoncer le terrorisme, parle de guerre, ce qui dévoile son vrai visage. Les milieux et les médias proches de l’organisation parallèle soutiennent également cette thèse. On voit donc qu’une large coalition souhaite que le chaos règne en Turquie, afin que notre parti soit écarté du pouvoir", a souligné Davutoglu.
Le Chef du gouvernement a imputé la "perte par l'AK Parti d'un certain nombre de voix lors des élections du 7 juin, à la pression et aux menaces exercées sur les électeurs kurdes dans le sud-est du pays".
Davutoglu a affirmé qu'une "certaine collaboration" a été constatée entre différentes organisations terroristes, entre le PKK et Daesh, dans les derniers attentats, notamment ceux de Suruc et d’Ankara.
Le Premier ministre a, une nouvelle fois, indiqué que toutes les mesures de sécurité ont été prises pour garantir les meilleures conditions du déroulement du scrutin du 1er novembre.
"La décision de mise sous tutelle du groupe de médias Koza Ipek n’est pas une décision politique dans laquelle le gouvernement est impliqué, mais plutôt une décision de justice basée sur des faits bien réels", a-t-il conclu.