Ömer Tuğrul Çam,Nazlı Yüzbaşıoğlu,Tevfik Durul
06 Janvier 2020•Mise à jour: 06 Janvier 2020
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le meurtre du grand général iranien Qassem Soleimani lors d'une frappe de drones américains à Bagdad pose "un grave risque pour la paix dans la région", a déclaré lundi le ministre turc des Affaires étrangères.
Mevlut Cavusoglu a tenu, lundi, une conférence de presse dans laquelle il a fait une rétrospective de l'année 2019 en matière de politique étrangère.
Le Chef de la diplomatie turque a voulu commencer par les développements récents, notamment les tensions Etats-Unis-Iran après l'assassinat par les Américains du général iranien Qassem Soleimani.
"Le meurtre de Soleimani est un grave risque pour la paix dans la région", a-t-il déclaré.
"Nous travaillerons avec d'autres pays pour réduire les tensions entre les États-Unis et l'Iran", a ajouté le ministre Cavusoglu. Il a partagé des informations concernant ses entretiens avec ses homologues iranien, russe, américain, qatari, britannique, pakistanais notamment, mais a aussi cité les discussions du Président Recep Tayyip Erdogan avec le Président iranien, Hassan Rohani, le Président irakien, Barham Salih, l'Emir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, la Chancelière allemande, Angela Merkel, le Président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre anglais, Boris Johnson.
Soleimani, chef de la force d'élite al-Quds des Gardiens de la Révolution iranienne, a été tué avec Abu Mahdi al-Mouhandis, le commandant en chef de la force irakienne Hachd al-Chaabi, et huit autres personnes le 3 janvier.
- La situation en Libye:
Pour le Chef de la diplomatie turque, la guerre interne en Libye, qui oppose le Gouvernement d'Entente Nationale, dirigé par al-Sarraj et reconnu par les Nations Unies, et les forces du général à la retraite Haftar, ne peut avoir de solution militaire.
"Il ne peut y avoir de vainqueur dans cette guerre. Si elle n'est pas stoppée, elle est susceptible de durer et tuer de nombreuses personnes si elle se poursuit à l'intérieur de la capitale Tripoli", a-t-il assuré.
Du point de vue militaire, Haftar a un avantage dans les airs, estime le ministre turc. Il en a profité pour condamner à nouveau le raid de dimanche contre une académie militaire à Tripoli, faisant au moins 30 morts chez les élèves.
Cavusoglu a d'ailleurs discuté de ce sujet avec le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.