Duygu Yener,Tuncay Çakmak
13 Mars 2017•Mise à jour: 14 Mars 2017
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de la Justice, Bekir Bozdag a fait savoir que la Turquie fera appel au Droit International pour réagir aux "scandaleux" obstacles dressés par les Pays-Bas et l’Allemagne contre les ministres turcs désireux de rencontrer les ressortissants turcs vivant dans ces pays.
La ministre Bozdag était l’hôte, lundi, de la chaîne privée turque Kanal 24. Il a répondu aux questions relatives à la grave crise diplomatique qui oppose la Turquie à certains pays européens, tout particulièrement les Pays-Bas.
Pour Bozdag, en agissant ainsi, les autorités des pays qui interdisent les réunions des ministres turcs alimentent le discours des partis racistes et xénophobes et ce faisant, ils leur fournissent des arguments supplémentaires pour convaincre leurs opinions publiques.
"Nous constatons que les maladies telles que le racisme, la xénophobie, l’islamophobie et les discriminations gagnent de plus en plus de terrain, et les partis au pouvoir semblent ne pas en mesure d'y échapper", a-t-il dit.
Selon Bozdag, plusieurs pays européens comme l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche ont pris part activement dans le camp du NON au prochain référendum qui se tiendra le 16 avril en Turquie.
"Ils paniquent. Comme si ce référendum constitutionnel, qui concerne une réforme du système gouvernemental turc, concernait le système gouvernemental de leur propre pays. Ils veulent faire pression autant sur les citoyens turcs qui vivent dans leur pays pour qu’ils n'aillent pas aux urnes pour ce référendum, que sur les citoyens turcs en Turquie pour empêcher tout changement en Turquie. Ils font partie du camp du NON", a-t-il dénoncé.
En parallèle, Bekir Bozdag a aussi critiqué le rapport de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe, qui selon lui, "a repris tous les arguments faux et mensongers développés par les partis d’opposition CHP (Parti Républicain du Peuple) et HDP (Parti Démocratique des Peuples), faisant ainsi campagne pour le NON".
Concernant le traitement subi par la ministre turque de la Famille et des Politiques Sociales, Fatma Betul Sayan Kaya, alors qu’elle cherchait à rejoindre le Consulat Général de Turquie à Rotterdam aux Pays-Bas pour y rencontrer les citoyens néerlandais d’origine turque, le ministre Bozdag a parlé de "violations ouvertes des Droits de l’Homme, de la démocratie et de la liberté d’expression".
"Mettre des obstacles à la liberté de circulation, à la liberté de la presse, à la liberté de réunion, c’est soutenir le racisme, les discriminations et l’islamophobie. C’est faire renaître le fascisme et le nazisme", a-t-il déclaré.
Avec ce comportement, les Pays-Bas ont violé la Convention de Vienne régulant les règles diplomatiques internationales.
Il a rappelé que selon l’article 22 de la convention, les immeubles des missions diplomatiques sont immunisés et qu’il n’est pas possible d’y entrer sans le feu vert du chef de mission du pays auquel ils appartiennent.
"L’Etat qui accueille une mission diplomatique est dans l’obligation de protéger et d’assurer la sécurité de ces immeubles. Ils ont exactement fait l’inverse de leur devoir. Ils ont piétiné la convention de Vienne. De plus, l’article 26 de cette convention garantit la libre circulation des membres des missions étrangères. Les autorités hollandaises ont empêché notre Consul de rejoindre notre ministre", a-t-il sévèrement dénoncé.
Bekir Bozdag a également indiqué que l’article 29 aussi a été violé, quand la police néerlandaise a placé en garde à vue des agents de la mission diplomatique turque, alors que cela est totalement interdit par la Convention de Vienne.
"L’Etat turc est un grand Etat. Notre Etat et notre peuple l’ont encore prouvé le 15 juillet face au putsch. S’ils pensent faire peur au peuple turc en avançant sur lui avec des chevaux et des chiens, ils se trompent grandement. Les chars et les avions de chasse n’ont pas fait peur à notre peuple. La Turquie fera appel à toutes les mesures dans le cadre autorisé par le droit international. Personne ne peut se permettre de jouer avec l'honneur du peuple turc et de l'Etat turc", a-t-il encore déclaré.
Pour finir, le ministre de la Justice a souhaité souligner le fait que les autorités hollandaises n’ont à ce jour, extradé qu'un seul terroriste du PKK alors que la Turquie a demandé l'extradition de 11 terroristes se trouvant aux Pays-Bas.