AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a tenu une conférence de presse, samedi, au sujet des opérations militaires contre les groupes terroristes PKK et Daesh menées ces derniers jours.
Le Premier ministre a annoncé qu’il s’est entretenu par téléphone avec le leader de la partie Nord de l’Irak, Mesut Barzani.
«Ce matin j'ai eu un entretien téléphonique de plus d'une heure avec Monsieur Barzani dans lequel nous avons fait une analyse de la situation. J'ai eu l'occasion de lui présenter les objectifs de nos opérations en Irak du Nord. Monsieur Barzani a une nouvelle fois exprimé son soutien à la lutte légitime de la Turquie contre les terroristes du PKK et du Daesh», a-t-il dit.
Barzani a exprimé son soutien quant aux efforts de la Turquie pour mener une lutte contre le terrorisme tout en préservant ces valeurs démocratiques, selon Davutoglu.
De plus, le chef du gouvernement poursuit ses échanges avec ses interlocuteurs internationaux. Vendredi, il s’est entretenu avec le Secrétaire Général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.
Davutoglu a rappelé que dans le cadre du Processus de Résolution entamée par le gouvernement, les groupes armés du PKK devaient déposer leurs armes et quitter le territoire depuis mai 2013.
«Cela fait plus de 2 ans et 2 mois que ça n’a pas été fait, a-t-il dit. Les dirigeants du Parti Démocratique des Peuples (HDP) doivent définitivement faire le choix du combat politique ou celui des armes et de la violence. Nous avons été suffisamment patients pour trouver une solution pacifique à ce conflit. Ils n’ont même pas été capables de condamner le meurtre de deux policiers à Ceylanpinar.»
Davutoglu a d’autre part présenté les détails des opérations menées contre les groupes terroristes du PKK et de Daesh.
Il a indiqué que des opérations dans 22 départements ont été menées contre les groupes terroristes.
«Cette nuit, 288 nouvelles interpellations ont eu lieu parmi les différents groupes terroristes, a-t-il déclaré. A cette heure, 590 individus potentiellement dangereux ont été arrêtés par notre police et nos gendarmes.»
Davutoglu a poursuivi : "La Turquie est un pays démocratique et un état de droit. Quand des actes ne respectent pas le droit, ils doivent forcément être punis. C'est pourquoi tous les individus directement liés à l'assassinat des deux policiers à Ceylanpinar ont été arrêtés. Tous ceux qui ont un lien avec ce crime audieux seront punis devant la justice."
Le Premier ministre a affirmé que ce type d’opérations se poursuivra tant que des menaces viseront la Turquie et ses citoyens.
"Personne ne peut utiliser un langage menaçant contre l’état ou le peuple turc, a-t-il continué. Ceux qui le font en récolteront les conséquences. Nous répondrons directement aux auteurs de ces menaces, et non aux marionnettes qu'ils utilisent. C'est pourquoi chacun doit se ressaisir."
D’autre part, le chef du gouvernement turc a exprimé des critiques envers les autres partis politiques, qu’il accuse de ne pas montrer de solidarité avec le gouvernement dans ces moments difficiles.
«Depuis plusieurs jours, après l'attentat terroriste de Suruc, j'appelle les dirigeants des autres partis à faire un appel commun contre toute forme de terrorisme, a-t-il dit. Avons-nous eu une réponse positive? Je tiens ici à remercier le leader du CHP, Kemal Kilicdaroglu, en dehors de qui, les autres ont bouchés leurs oreilles à notre appel.»
Concernant l’appel de Kemal Kilicdaroglu, Président du Parti Républicain du Peuple (CHP), Davutoglu a indiqué s’être entretenu avec le président de la Grande Assemblée Nationale de Turquie.
"L'assemblée est le lieu où ce genre d'évènements doivent être débattus, c'est pourquoi nous y sommes favorables, a-t-il annoncé. Le parlement pourrait se réunir mercredi et nous y présenterons les détails des opérations."