Enes Kaplan,Ayşe Betül Gedikoğlu
05 Août 2016•Mise à jour: 05 Août 2016
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
"Le service national de renseignement [MIT] ne doit pas être affecté. Si le MIT est la cible des accusations permanentes dans les programmes télévisés, alors il deviendra incapable d’efectuer son travail", a déclaré le Président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan accordait une interview à la chaîne de télévision nationale TRT, jeudi soir, où il commentait l’actualité du pays.
A une question sur le "manquement de la part du service de renseignement" et le fait que, lui, Président de la République, ait eu beaucoup de difficultés à joindre Hakan Fidan, chef des services de renseignement, dans la nuit du 15 juillet, Erdogan a répondu: "Le MIT ne doit pas être affecté. Si le MIT est la cible des accusations permanentes dans les programmes télévisés, alors il deviendra incapable d’effectuer son travail."
Il a ajouté: "S'il y a quelque chose à faire concernant le MIT, le gouvernement analysera le sujet, nous en discuterons ensemble s’il le veut, et prendrons une décision."
"Je l’avais dis dès le début qu’il y avait un manquement de renseignement dans cette affaire. Mais est-ce qu’il y a un pays où il n’y en a pas?", s'est interrogé le Président turc tout en mentionnant les Etats-Unis, la Russie, l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni: "Vous pouvez constater un manquement dans le renseignement, pour chacun de ces pays, en vous basant par exemple sur les attaques terroristes", a-t-il dit
Erdogan a rappelé le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur et a affirmé qu’un travail concernant la coordination des services de renseignement [MIT, gendarmerie, police…] par le ministère de l’Intérieur lui a été présenté ce jeudi.
Rappelant qu’une restructuration a été lancée au sein des forces armées et d’autres institutions, le Chef de l’Etat turc a précisé: "Nous devons bien voir deux choses : La restructuration des forces armées turques et la restructuration de l’Etat. Lorsque nous travaillons là dessus, nous ne devons pas agir de manière contraire au droit."
Il a cependant nuancé en citant un dicton turc: "Avoir pitié des cruels [en référence aux membres de l’organisation terroriste guléniste FETO] revient à trahir les innocents."
Concernant la fermeture des écoles de FETO dans les pays tels que le Pakistan, le Soudan ou encore la Somalie, Erdogan a affirmé que tel sera le cas aussi dans les pays des Balkans.
En référence à l’ouvrage "La Tentative de Coup d'État du FETO, Minute par Minute », publié en anglais et en turc, Erdogan a indiqué que: "Notre peuple a été un exemple pour le monde entier. […]. Il faut que le monde entier apprenne et voit ces réalités à partir de la source originale pour qu’il comprenne que la démocratie ne s’acquiert pas facilement."
Des membres du FETO dirigée par Fetullah Gulen, en exil volontaire aux États-Unis d'Amérique, infiltrés dans l'Armée turque, ont tenté un putsch militaire le 15 juillet.
Les autorités turques ont appelé le peuple à descendre dans la rue pour manifester contre le soulèvement. Les putschistes ont tiré sur les manifestants dans plusieurs lieux, notamment sur le pont du Bosphore à Istanbul.
Les manifestations qui ont contribué à déjouer la tentative, continuent depuis cette date.