Sinan Uslu,Ayvaz Çolakoğlu
07 Avril 2017•Mise à jour: 08 Avril 2017
AA - Adana (Turquie) - Ayvaz Colakoglu
"Le responsable de la mort de près d'un million de personnes doit en payer le prix. Nous disons que la Syrie doit être dotée d'une représentation politique légitime. C'est cela qui doit être fait" a lancé Erdogan.
Le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan s'est adressé aux industriels et aux représentants de la société civile lors d'une soirée organisée vendredi, par la Chambre d'industrie d'Adana (Sud) en Turquie.
Erdogan a rappelé les bons chiffres, au vu de la conjoncture mondiale, annoncés par l'Institut turc des statistiques (TUIK) concernant la croissance de près de 3% enregistrée par la Turquie en 2016. Il a, en outre, fustigé les agences de notations financières internationales pour leur manque d'impartialité lorsqu'il s'agit de la Turquie.
"Nous relevons très clairement de la déception chez les agences de notation financières lorsqu'on examine leurs déclarations. Je l'ai toujours dit, elles n'ont jamais été objectives dans leurs comptes-rendus, elles ont toujours cherché à coincer la Turquie par des annonces plutôt politiques que concrètes. Même si ces agences ne le souhaitent pas, elles sont forcées de reconnaitre la réussite de la Turquie" a-t-il martelé.
Il a poursuivi en indiquant que toutes les prévisions défavorables et les décisions erronées, partiales prises à dessein se sont retournées contre ces mêmes agences qui ont perdu en crédibilité.
"Ces institutions ont perdu leurs crédibilités à nos yeux et aux yeux de beaucoup de pays dans le monde. Par exemple, notre voisin [la Grèce] est en faillite, elle coule, sa situation est connue. Elle à une dette de 400 milliards d'euros envers l'Europe. Malgré tout cela, vous constatez que les agences de notations lui donnent une bonne note, meilleure que la nôtre. Comment est-ce possible ? Elles attribuent des notes sur commande. La Turquie n'a pas besoin d'elles" a-t-il tonné.
Au sujet du raid américain sur la base aérienne de Sharyat en Syrie, Erdogan a déclaré : "Une première réponse a été fournie au meurtrier al-Assad qui utilise du gaz sarin et du gaz au chlore, mais est-ce suffisant ? Non. J'espère qu'on n'en restera pas là. Car le responsable de la mort de près d'un million de personnes doit en payer le prix. Nous disons que la Syrie doit être dotée d'une représentation politique légitime. C'est cela qui doit être fait".
Erdogan a, afin de démontrer la nécessité de la réforme constitutionnelle qui sera soumis à suffrage du peuple le 16 avril et qui dotera le pays d'un nouveau système de gouvernance, donné l'exemple de la situation vécue à la suite des élections du 7 juin.
"Le paysage politique d'après les élections du 7 juin nous a démontré d'une façon très claire que la stabilité obtenue depuis 2002 n'était pas le fruit du système politique en vigueur mais du fait que les cadres dirigeants du pays soient issus de la même école. Avec la secousse du 7 juin, nous avons tous vu comment tous les acquis des dernières années se sont en un instant, retrouvés en danger" a-t-il conclu.