AA/ Cotonou (Bénin)/ Serge David
Au Bénin, des organisations de la société civile ont décidé d'utiliser "la tabulation parallèle des votes" (PVT), un mécanisme informatique de dépouillement parallèle des voix, qui permet de renforcer la transparence des élections prévues en 2015, s'est réjouit Martin Assogba acteur influant de la société civile rencontré par Anadolu.
La tabulation parallèle est une référence mondiale en matière d’observation citoyenne qui permet de consolider la confiance dans les résultats déclarés par les instances électorales, en les confrontant à ceux obtenus avec ce système informatique, utilisés par les observateurs de la société civile.
Cette technique a été appliquée dans des pays tels que le Pérou, la Serbie, la Géorgie, le Ghana, l’Indonésie et l’Ukraine, mais aussi dans d’autres sociétés en transition pour promouvoir un développement démocratique, comme récemment en Tunisie.
Il s'agit, selon le site l'organisme canadien indépendant Elections canada "d'un outil plus approprié (que les sondages,ndlr) pour vérifier le dépouillement du vote des élections transitoires ou après-conflit. Souvent réalisés par des observateurs locaux, (ils) sont généralement plus fiables que les sondages des votants lorsque le milieu politique est caractérisé par l'intimidation ou l'incertitude" peut-on lire sur le site de l'organisme.
"Le PVT est un mécanisme indépendant de centralisation parallèle des résultats quantitatifs sur la base d’un échantillonnage représentatif des bureaux de vote", explique à Anadolu Assogba, président de l’Association de lutte contre la corruption, le racisme, l’ethnocentrisme et le régionalisme (Alcrer).
"De façon technique, a-t-il expliqué, ce système informatique permettra l’analyse impartiale des informations collectées par les observateurs déployés sur le terrain par le Collectif des Organisations de la Société Civile pour l’Observation domestique des élections au Bénin (CODE-Bénin)".
Mieux, il permettra d’obtenir dans un court délai, c’est-à-dire quelques heures après la fermeture du dernier bureau de vote, des résultats conformes à l’expression populaire, poursuit Assogba à Anadolu, précisant que ce système est une solution palliative pour éviter la manipulation des informations et des résultats en provenance des bureaux de vote.
« Avec le système PVT mis au point, les suffrages exprimés par les votants et autres résultats ainsi que des informations seront envoyés directement depuis les bureaux de vote par Sms et Internet. Ainsi, le traitement manuel par opération de saisie ne sera plus de mise », a-t-il ajouté, indiquant que le CODE-Bénin entend contrôler et observer les élections locales qui auront lieu le 26 avril et 31 mai prochains pour la crédibilité des résultats.
En appui à ce système informatique de contrôle et pour la transparence des scrutins, le CODE-Bénin dont Assogba est le coordonnateur, déploiera 2.000 observateurs avec 96 superviseurs dans 38 circonscriptions électorales pour l’observation des élections.
Rappelant la situation sociopolitique actuelle du pays, il regrette qu’au fil des ans, la certitude quant à l’organisation régulière et à bonne date des élections au Bénin soit fortement remise en cause.
La preuve, indique-t-il, le retard accusé dans l’organisation effective des élections municipales, communales et locales attendues depuis 2013 à cause de l’indisponibilité de la Liste électorale permanente informatisée (LEPI).
Cette situation a suscité les réactions aussi bien de l’opposition que de la Société civile qui ont organisé, notamment lors du dernier trimestre de 2014, des marches populaires de protestation pour exiger du gouvernement l’organisation desdites élections dans les plus brefs délais.