Ayşe Başhoruz
27 Août 2026•Mise à jour: 27 Août 2026
AA / Istanbul
Le président du Medef, Patrick Martin, a estimé mercredi que la France devait « complètement remettre à plat le financement » de la protection sociale afin de donner davantage de marges de manœuvre aux entreprises pour augmenter les salaires, lors d’un entretien accordé à TF1. Il a également préconisé de porter à 64 ans l’âge légal de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans et 9 mois.
Face aux difficultés liées au pouvoir d’achat, Patrick Martin a affirmé que le patronat souhaitait « augmenter les salaires », tout en soulignant que toutes les entreprises ne disposaient pas des marges de manœuvre nécessaires. « Chaque entreprise et chaque branche fait ce qu’elle peut faire », a-t-il précisé.
Pour encourager les hausses de rémunération, Martin a proposé de transférer vers la fiscalité une partie du financement de la protection sociale, notamment celui du régime famille et de la santé, qui repose actuellement largement sur les entreprises et leurs salariés.
Le président du Medef a rejeté l’idée d’une augmentation globale des impôts. Selon lui, cette évolution permettrait plutôt de réduire l’écart entre le salaire brut et le salaire net. « Ça augmenterait les salaires nets », a-t-il affirmé, estimant également que cette mesure pourrait contribuer à la création d’emplois et à la croissance économique.
Martin a notamment jugé « profondément choquant » que le pouvoir d’achat des Français se soit dégradé par rapport à la moyenne européenne, affirmant que la France se situait désormais au 10e rang.
Sur les retraites, le président du Medef a appelé à « reprendre la réforme [des retraites] » engagée sous la présidence d’Emmanuel Macron et dont la mise en œuvre a été partiellement suspendue. Il a explicitement fixé à 64 ans l’âge légal de départ qu’il considère nécessaire.
Patrick Martin a toutefois reconnu que le seul relèvement de l’âge légal ne suffirait pas à assurer l’équilibre du système par répartition. Il a estimé que la réforme initiale ne permettait déjà pas de résoudre entièrement le problème de financement et a évoqué un déficit de 6,5 milliards d’euros à l’horizon 2030.
Concernant une éventuelle désindexation des pensions de retraite, qui entraînerait en 2027 une revalorisation inférieure à l’inflation pour certains retraités, Patrick Martin a déclaré : « Je crains qu’on soit obligé d’en passer par là. »
Il a toutefois relié cette perspective à la suspension des réformes des retraites. Selon Patrick Martin, la poursuite des réformes Borne et Touraine aurait permis d’éviter, ou du moins de limiter, la nécessité de réduire la progression des pensions de retraite.
Il a également appelé à augmenter « massivement » le taux d’emploi des jeunes, notamment grâce à une meilleure orientation et à une formation renforcée. Il s’est par ailleurs prononcé contre certaines possibilités de départ anticipé liées aux carrières longues.
Ces déclarations interviennent avant le débat organisé par le Medef avec sept candidats à l’élection présidentielle.