Mona Saanouni
13 Avril 2020•Mise à jour: 13 Avril 2020
AA/Ankara / Aytaç Ünal
Les membres du personnel de santé qui travaillent au péril de leur vie font tous les sacrifices, y compris celui de vivre séparément de leur famille dans le cadre de la lutte contre le nouveau type de coronavirus (Covid-19).
Le correspondant de Anadolu Agency, s’est rendu aux urgences de l’hôpital universitaire Gazi, au service de lutte contre la pandémie, afin de rencontrer le personnel de santé en première ligne face au coronavirus.
A l’hôpital universitaire de Gazi, où les mesures nécessaires ont été prises depuis le début de l’épidémie, les travaux de test et contrôle viral sur les patients sont effectués avec dévouement.
Les soignants contraints de porter des masques médicaux et des lunettes de protection pendant de longues heures, exhortent les citoyens à rester chez eux et à suivre les règles de distanciation sociale.
Ils font tous les sacrifices, y compris celui de vivre loin de chez eux et de leurs familles, afin de ne pas mettre en péril leur vie et celle de leur entourage.
« Nous communiquons par appels vidéo »
Sakir Hakan Aksu, médecin du service des urgences de l’hôpital universitaire de Gazi, a déclaré que le soutien du ministère de la Santé aux soignants, les a énormément motivés.
Aksu, père d’un garçon de 1 an et demi, a déclaré « Ma femme est gynécologue et obstétricienne. Je ne rentre pas à la maison pour ne pas infecter ma famille. Je suis hébergé dans un pensionnat de l’éducation nationale. Nous communiquons par appels video », a-t-il partagé.
Notant l’importance de rester à la maison, Aksu a ajouté que des avancées positives se sont produites dans ce contexte et que le nombre de patients qui se sont rétablis a augmenté.
« Ma plus grande crainte est d’être infectée et de ne pas être en mesure de poursuivre la mission »
Quant au médecin Merve Türker, elle a déclaré que son plus grand bonheur est de faire que ses patients quittent l’hôpital avec le sourire et que sa plus grande crainte est « d’être infectée et de ne pas être en mesure de poursuivre [sa] mission ».
Le Dr Kerem Serdar Karasahin, a souligné qu’ils faisaient de leur mieux dans la lutte contre l’épidémie.
Décrivant une situation de tension constante dans les services d’urgence, le Dr Karasahin a déclaré : « Ma femme est médecin et travaille en soins intensifs. C’est pourquoi nous pouvons rentrer tous les deux à la maison ».
Employé dans le paramédical, Yavuz Türkben, dont l’épouse est infirmière a déclaré : « Notre enfant de 9 ans est seul à la maison ».
Exprimant sa conviction que ces jours troubles vont passer, Türkben a ajouté : « Nous allons vaincre le coronavirus dans tout le pays ».
« La chose qui me manque le plus, c’est d’embrasser mon enfant »
L’experte paramédicale Bahar Alkas a souligné que dans le contexte actuel la chose qui lui manque le plus est d’embrasser son enfant : « Mon point le plus sensible est mon enfant. Ma mère vit avec nous. J’ai deux facteurs de risque à la maison, je m’isole et je reste seule dans une chambre ».
Mustafa Yaprak, un aide-soignant, a déclaré qu’il a deux enfants et qu’il n’est jamais à l’aise sur le chemin du retour à la maison en raison du risque d’infection.
« Nous sommes motivés car c’est un devoir sacré envers la nation »
L’infirmier Tümer Bilmis, en poste à l’unité d’endoscopie, a déclaré qu’il s’était isolé de sa famille et porté volontaire pour travailler au service d’urgence. « Notre famille est importante, mais nous sommes motivés car c’est un devoir sacré envers la nation ».
Rümeysa Cetin, qui travaille comme infirmière au service neurologique, a expliqué qu’elle travaillait aux urgences pour soutenir ses collègues dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.
Cetin a ajouté qu’il n’y a pas de pénurie d’équipement mais que sa plus grande crainte est d’infecter sa famille.