Tarek Fathi Mohamed
09 Novembre 2021•Mise à jour: 09 Novembre 2021
AA / New York
La conseillère du secrétaire général de l'ONU pour la prévention du génocide, Alice Wairimu Nderitu, a alerté contre la "violence ethnique transfrontalière" résultant du conflit en Éthiopie.
Dans un communiqué, examiné par l'Agence Anadolu, la responsable de l'ONU a exprimé sa "grave préoccupation face à la détérioration de la situation en Éthiopie à la lumière de l'escalade de la violence et de l’augmentation des incidents à motivation ethnique et religieuse".
"Les discours de haine, les déplacements de populations et la destruction de biens montrent de sérieux indicateurs d'un danger de crimes atroces", a déclaré Alice Wairimu Nderitu.
Et d’ajouter : “il est impératif que toutes les parties prennent des mesures sérieuses et urgentes pour désamorcer la situation et mettent en œuvre des recours efficaces pour atténuer les risques de perpétration d'actes de violence généralisés et systématiques, y compris ceux à motif ethnique“, a-t-elle ajouté.
Pour la conseillère du secrétaire général de l'ONU, “ce danger est réel et doit être traité de toute urgence. La décentralisation du pays et les fortes loyautés ethniques, notamment au niveau communautaire, renforcent le potentiel de telles violences“.
Wairimu Nderitu a averti qu’"une nouvelle détérioration pourrait avoir de graves conséquences non seulement pour l'avenir de l'Éthiopie, mais pour la région dans son ensemble, avec notamment des conflits transfrontaliers".
“L'Éthiopie continue d'être le théâtre de tensions interethniques et de discriminations à l'encontre de certains groupes, avec notamment le profilage ethnique, l'incitation à la violence et les allégations d'attaques systématiques contre des groupes de population spécifiques", a-t-elle fait savoir.
Et de déclarer "tous ces éléments constituent des facteurs de risque de crimes atroces, étant donné leur impact potentiel pouvant mener au déclenchement d'une violence à grande échelle".
Le 4 novembre 2020, des affrontements armés ont éclaté dans la région du Tigré entre l'armée éthiopienne et le Front de libération du peuple du Tigré, après l'offensive des forces gouvernementales dans la région, en riposte à une attaque contre une base militaire.
Au 28 du même mois, l'Éthiopie a annoncé la fin d'une opération de “maintien de l'ordre“ en prenant le contrôle de toute la région, malgré les informations faisant état de violations des droits humains dans la région depuis lors, où des milliers de civils avaient été tués.
Le conflit a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes, et la fuite de plus de 60 000 individus vers le Soudan, selon des observateurs, alors que Khartoum affirme que ce chiffre s’élève à 71 488 réfugiés.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.