AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La surmortalité hivernale a atteint 8 500 décès supplémentaires en France, en grande partie liée à l'épidémie de la grippe qui sévit dans le pays depuis la mi-janvier, a annoncé l'Institut de veille sanitaire (InVS).
Dans son dernier bulletin épidémiologique, l'InVS a fait état d'une des grippes hivernales les plus sévères en France qui a touché au moins 2,7 millions personnes. La mortalité a ainsi augmenté de 19% de plus que prévue pour cette saison et pourrait dépasser les pics enregistrés en 2008-2009 ou encore en 2012-2013 où le nombre de décès supplémentaires lié à la grippe avait atteint 10 000, a averti l'Institut. Pourtant, elle ne se rapproche pas des chiffres recensés lors de la canicule de 2003 qui avait fait près de 15 000 morts en France.
Les personnes âgées de 65 ans et plus sont les plus affectées par les décès et les plus hospitalisées dans toutes les régions du pays, a fait savoir l'InVS, suivies de la tranche d'âge de 15-64 ans. Ce phénomène n'est pas uniquement observé en France, en effet, depuis début l'année 2015, une surmortalité pour diverses causes chez les personnes de 65 ans ou plus a aussi été constatée dans 10 des 16 pays ou régions participant au système européen de surveillance de la mortalité. L'InVS a rappelé à cet égard que cet excès coïncide avec la circulation du virus grippal A(H3N2) à des niveaux épidémiques dans la plupart de ces pays, notamment au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal, en Belgique et aux Pays-Bas.
D'autre part, l'Institut de santé français a noté que le taux d'incidence national a été de l'ordre de 489 cas pour 100 000 habitants la semaine dernière, soit en légère baisse par rapport au pic enregistré trois semaines auparavant, pourtant toujours largement au-dessus du seuil épidémique (177 cas pour 100 000 habitants).