AA/ Bangui/ Laurence Geai
Le coordinateur général des anti-balaka (milices d’autodéfense majoritairement chrétiennes en RCA) Sébastien Wénezoui, a indiqué lundi à Anadolu qu'"il faut désarmer PK5, (principal quartier musulman de Bangui) et les sécuriser".
Réagissant à l'appel du gouvernement pour désarmer les divers quartiers de Bangui, Wénezoui a ajouté: « il faut désarmer tout le monde, et calmer la population afin que le dialogue et la réconciliation puissent commencer ».
M. Wénezoui n'a toutefois pas mentionné explicitement dans sa brève déclaration le désarmement des quartiers de Bangui à majorité chrétienne.
Le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, avait décrété, dimanche, le 8 juin prochain "journée nationale de désarmement volontaire" pour que tous les arrondissements de Bangui « soient désarmés en même temps ».
Aucune réaction n'a été enregistrée du côté des milices musulmanes des Seleka jusqu'à 18h00 GMT, mais, dimanche, Ousmane Abacar, porte-parole des musulmans de du quartier PK5, à Bangui, a déclaré à Anadolu que l'initiative est louable, encore qu'elle suscite "des craintes".
« Nous sommes prêts pour le désarmement parce que depuis le début nous n’avons jamais armé des gens (...) mais dans l’ensemble notre seule crainte c’est de ne pas être attaqué par les Anti-Balaka aussitôt après notre désarmement. Nous voudrions vraiment que cela se fasse au même moment dans tous les arrondissements de Bangui » a-t-il expliqué.
Les déclarations du coordinateur des anti-Balaka interviennent suite à l’assassinat lundi matin d’un musulman par des anti-balaka, qui ont attaqué le quartier musulman KM5 de la capitale, en provenance des quartiers chrétiens de Bangui Fodé, Béa-Rex et Kpéténé, selon Ousman Abacar.