AA/Kuala Lumpur (Malaisie)/ P Prem Kumar
L’assemblée de l’Etat de Kelantan, situé dans le Nord-est de la Malaisie, a adopté, jeudi, à l’unanimité, des amendements introduits sur le code pénal permettant la flagellation ou l’exécution de musulmans en vertu de la Chariaa.
Les amendements introduits sur le Code Pénal de la Chariaa II 1993 ont été approuvés par les 44 membres de l’assemblée présents, dont 32 appartiennent au Parti islamique malaisien (PAS.
Le gouvernement fédéral pourrait cependant bloquer lesdits amendements.
Le ministre en chef du Kelantan, Ahmad Yakob, a déclaré que la législation n’avait reçu aucune objection lors d’un débat organisée à la suite de la séance parlementaire et qu’elle sera appliquée par étapes, en commençant par la mise en œuvre de sessions éducatives portant sur la loi islamique pour les habitants du Kelantan.
En vertu des amendements sur les « Hudud » [châtiments], les sanctions telles que les « coups de cannes » et les amputations pourront être imposées pour des délits tels que l’apostasie, la consommation d’alcool et les pratiques sexuelles interdites.
Cette mesure a provoqué une division au sein de la coalition nationale de l’opposition dont le PAS est membre. Les amendements ont, en effet, été condamnés par le Parti de l’action démocratique et le Parti de la justice populaire (PKR) qui, avec le PAS, forment l’opposition « Pakatan Rakyat ».
Le PKR – dirigé par son leader emprisonné, Anwar Ibrahim – a condamné, jeudi, l’adoption des amendements en les décrivant comme contraires à l’esprit des engagements pris par les autres partis du Pakatan Rakyat.
Le Kelantan est un Etat malaisien dont la population est à 95% musulmane. La proportion des musulmans dans la Malaisie est, quant à elle, de 60%.
En vertu de la Chariaa, les coupables d’infractions susceptibles de « hudud » encourent des punitions incluant la flagellation, la lapidation, l’amputation ou l’exécution.
Peu de pays musulmans imposent de telles sanctions, à l’exception de l’Arabie saoudite et de l’Iran.