AA - Strasbourg - Bilal Muftuoglu
Les Etats membres de l'Union européenne (UE) doivent parvenir à un accord sur la répartition de 160 000 réfugiés au sein de l'Union "dès la semaine prochaine", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
"C'est 160.000 personnes que les Européens doivent prendre dans leurs bras (...) Ceci doit être fait de façon obligatoire", a noté mardi, Juncker, dans son discours sur "l'état de l'Union", le premier depuis son élection au poste de président de la Commission. Cette proposition de répartition doit être adoptée lors du prochain Conseil de l'UE, prévu le 14 septembre à Bruxelles, a-t-il poursuivi.
Dans son discours devant les députés du Parlement européen, réunis en séance plénière à Strasbourg depuis le début de la semaine, Juncker a appelé à "davantage d'unité" au sein de l'Union pour une politique d'asile commune. Il a préconisé à cet égard "un mécanisme permanent de répartition [des réfugiés]", comme cela a été proposé dans le dernier plan de la Commission européenne.
"Accuser les autres n'aide pas les migrants", a par ailleurs estimé Juncker, soulignant la nécessité d'une action européenne renforcée pour les réfugiés, au-delà des simples dispositifs législatifs.
Juncker a aussi souhaité que les migrants puissent avoir l'autorisation de travail dans leurs pays d'accueil lors du traitement de leurs dossiers en vue d'un accord d'asile.
"Avoir un travail est une question de dignité. Nous devons tout faire pour modifier les législations nationales afin de permettre aux réfugiés de travailler", a-t-il insisté.
Déplorant les efforts "modestes", voire "trop modestes" de l'UE, Juncker a prôné la Turquie, la Jordanie et le Liban pour leur accueil des réfugiés syriens et irakiens.
A l'égard du système Schengen, Juncker a assuré qu'il "ne sera pas aboli" sous cette Commission, tout en soulignant la nécessité d'une coopération européenne pour renforcer les frontières externes de l'espace Schengen.
Selon le nouveau plan dévoilé par la Commission, les Etats européens sont tenus d'accepter 60% des 160 000 réfugiés, séjournant actuellement en Grèce, en Italie et en Hongrie, soit quatre fois plus que le chiffre proposé deux mois auparavant.
Près de 100 000 réfugiés ont traversé les frontières de l'UE en juillet dernier, soit un nombre record, et plus de 160 000 autres sont entrés en Hongrie dans les huit premiers mois de l'année. L'Allemagne seule compte d'accorder l'asile à 800 000 individus en 2015, quatre fois plus que l'année précédente.