Ekip
26 Février 2022•Mise à jour: 27 Février 2022
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a souligné, vendredi, que « le monde a réagi d'une manière sans précédent, unie et coordonnée à la grave erreur de Vladimir Poutine, qui porte la plus grande responsabilité des morts et destructions en Ukraine ».
C’est ce qui ressort d’une déclaration faite, vendredi après-midi, par le Premier ministre canadien, au cours d’une conférence de presse animée à Ottawa.
Trudeau a annoncé, au cours de cette intervention, une troisième série de sanctions à l’endroit de la Russie, après avoir décrété deux autres vagues, au courant de cette semaines; des sanctions à caractère économique.
« Nous avons décidé de nous attaquer à la richesse de Vladimir Poutine », a lancé Justin Trudeau, dans le but « d’empêcher le président russe d'effectuer des transferts d'argent, même si ses avoirs au Canada sont modestes ».
Ces sanctions visent également, selon Trudeau, le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, et le chef de cabinet de Poutine.
Le Premier ministre canadien a estimé que Poutine a « décidé d'en finir avec 75 ans de paix en Europe en envahissant un voisin pacifique ».
« Le mépris du président Poutine pour la liberté, la démocratie, le droit international et la vie humaine doit avoir des conséquences », a-t-il encore dit.
Sur un autre plan, le Canada soutient le retrait de la Russie de la Société mondiale de télécommunications financières interbancaires (SWIFT, Système bancaire international), une option envisagée la veille par le président américain Joe Biden.
Le Canada a pour but, à travers cette mesure, de « s’assurer de suffoquer le régime russe », a indiqué la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui était présente aux côtés de Trudeau durant la conférence de presse.
Sur un autre plan, Trudeau a annoncé avoir approuvé « 2000 demandes de la part de citoyens ukrainiens et que des moyens supplémentaires pourraient être utilisés pour faciliter leur immigration » vers le Canada.
En 2014, à la suite des manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et de Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés, dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu sous l’appellation des « Accords de Minsk », qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats, le long des régions frontalières avec l’Ukraine, vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou s’apprêtait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne République soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, de lancer, le 24 février, une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme », appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.