AA/Lomé/Alphonse Logo
La société civile togolaise a appelé, lundi, à Lomé, les togolais «à la désobéissance civile» en réaction à la désignation récente du président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005, comme candidat à sa propre succession le 15 avril prochain.
Depuis plusieurs mois, la société civile et une large frange de l’opposition, conditionnaient leur participation aux élections à des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, qui concerne notamment la limitation des mandats présidentiels et par conséquent la non validation de la candidature de Gnassingbé désigné le 26 février, par le parti au pouvoir l’Union pour la République (UNIR).
Une vingtaine d’organisations de la société civile qui voient en cette désignation un «coup de force», ont donc appelé dans une déclaration publique, le peuple togolais à se saisir de l’article 150 de la constitution togolaise qui autorise dans certaines conditions la désobéissance civile, a indiqué à Anadolu Me Raphaël Kpande Adzaré, président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme.
L’article 150 dit qu’ «en cas de coup d'état ou de coup de force quelconque, tout membre du gouvernement ou de l'Assemblée Nationale a le droit et le devoir de faire appel à tous les moyens pour rétablir la légitimité constitutionnelle, y compris le recours aux accords de coopération militaire ou de défense existants.»
«Dans ces circonstances,pour tout togolais, désobéir et s'organiser pour faire échec à l'autorité illégitime constitue le plus sacré des droits et le plus impératif des devoirs», a commenté Adzaré.
Les organisations de défense des droits de l’homme et de la société civile ainsi que des partis politiques de l’opposition signataires de la déclaration ont également rappelé le 3e paragraphe du préambule de la déclaration universelle des droits de l’homme qui dit «qu’il est essentiel que le droit de l’homme soit protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l’oppression».
«Nous demandons un arrêt du processus en cours, le départ de Faure Gnassingbé et la mise sur pied d’un régime de transition pour reprendre en charge la gestion du pays afin de mettre en œuvre les réformes électorales» a déclaré à Anadolu M. Claude Ameganvi, président de CIBAL-Togo (Balai citoyen, société civile).
«Plusieurs manifestations sont en vue dans ce cadre à Lomé, à l'intérieur du pays et au sein de la diaspora», ont également annoncé les organisations.
Aucune réaction du gouvernement suite à cet appel n'a été enregistrée jusqu'à 22h30 GMT.
Cinq candidats sont en lice pour le scrutin présidentiel du 15 Avril parmi lesquels Jean Pierre Fabre, chef de fil de l’opposition.