AA/Djouba (Soudan du Sud)/ Atem Simon
Le chef de la Commission électorale du Soudan du Sud a déclaré, mercredi, qu’il n’excluait pas la possibilité d’un report des élections générales de l’année prochaine, à la lumière des récentes déclarations du président sud-soudanais Salva Kiir, suggérant que la réconciliation dans le pays pourrait prendre un certain temps à se matérialiser.
«La Commission n’est pas liée par les déclarations du président Salva Kiir concernant un possible ajournement des élections d’une ou deux années» a déclaré, à l’Agence Anadolu (AA), le chef de la Commission, Abednego Akok Kacuol.
Kacuol a affirmé que la sécurité précaire du jeune pays, ravagé par la guerre, pourrait ne pas être propice à la tenue d’élections.
Dimanche, Kiir avait déclaré que les élections ne seraient pas organisées en 2015, comme prévu, parce que les efforts de réconciliation entre les deux adversaires du pays prendraient au moins deux ans pour porter ses fruits.
Les déclarations du président sud-soudanais sont intervenues après la signature d’un accord de paix avec le chef des rebelles et ex-vice-président, Riek Machar, à Addis-Abeba, vendredi.
L’accord appelle à la formation d’un gouvernement de transition ouvrant la voie à des consultations pour l’établissement d’un cabinet permanent. Une constitution permanente devrait également être rédigée, d’après les termes de l’entente.
Kiir a également déclaré que le gouvernement intérimaire devrait être responsable de la tenue des élections, ajoutant cependant que la formation d’un nouveau gouvernement n’arriverait pas prochainement.
Des différends entre l’actuel président sud-soudanais Salva Kiir et le vice-président limogé Riek Machar - anciens alliés devenus ennemis - avaient fini par dégénérer en un conflit déclaré, en décembre 2013, lorsque le président avait accusé Machar d’avoir orchestré une tentative de coup d’Etat.
Depuis lors, le Soudan du Sud a fait face à des affrontements sanglants - opposant les forces gouvernementales et les insurgés menés par Machar - qui ont causé la mort de plus de 10 000 personnes et le déplacement d’un million d’autres, d’après les chiffres des Nations Unies.