AA/Juba/Aytem Simon
Lam Akol Ajawin, le leader de l’alliance des forces de l’opposition au Soudan du Sud, a accusé vendredi les autorités de son pays de l’avoir assigné à résidence, chez lui, dans la capitale Djouba.
Le président du Mouvement populaire pour le changement démocratique, Ajawin, a déclaré, lors d’un entretien téléphonique avec Anadolu: «J’ai été surpris par la présence massive des forces de sécurité autour de ma maison qui a été encerclée dès les premières heures de la matinée ».
Il a ajouté: «Personne ne m’a averti de cette mesure soudaine que je considère comme une restriction à ma liberté de mouvements».
Lam Akol Ajawin a cependant souligné qu'il a contacté le ministre de la Sécurité nationale, le général Mabuto Mamur, à propos de l'incident, et que ce dernier lui a promis d’enquêter sur la question.
Les raisons qui ont incité le chef de l’opposition sud-soudanaise à évoquer son «assignement en résidence surveillée» n’ont pas été déclarées jusqu'à 08:40 GMT. Anadolu n’a pas pu dans l’immédiat avoir de commentaires des autorités à ce sujet.
Ajawin a adressé au cours des deux derniers jours, des critiques virulentes au gouvernement au sujet des 129 millions de livres soudanaises (21 millions de dollars US) que les autorités comptent allouer pour célébrer en juillet le prochain l'anniversaire de l'indépendance.
Il a exigé que ce montant soit plutôt employé dans des projets de développement, telles que la construction de routes, et la fourniture de services de santé aux citoyens.
La coalition de l’opposition sud-soudanaise rassemble 18 partis politiques qui ne font pas partie du gouvernement, dont notamment le Mouvement populaire de libération du Soudan, le Changement Démocratique, le Congrès populaire, le Parti communiste, le Front uni du Salut démocratique et la Jeunesse nationaliste.
Le Soudan du Sud qui a acquis son indépendance, en se séparant du Soudan en 2011, a sombré dans le chaos en décembre dernier, lorsque le président sud-soudanais, Salva Kiir, a accusé le vice-président limogé, Riek Machar, d’avoir orchestré une tentative de coup d’Etat contre lui.
Des milliers de Sud-soudanais ont depuis perdu la vie dans le conflit, tandis qu’environ 1,7 million autres ont été déplacés.