Mona Saanouni
15 Novembre 2020•Mise à jour: 16 Novembre 2020
AA / Lefkoşa
Le président de la République turque de Chypre du Nord (RTCN), Ersin Tatar, a souligné que son pays est prédisposé à reprendre les négociations avec son voisin du Sud, mais que cela doit se dérouler sous de nouveaux modèles de solutions, affirmant la nécessité de négocier sur la base de la Solution à deux Etats dans l'île.
C'est ce qui ressort d'une allocution prononcée par Tatar, dimanche, à l'occasion de la célébration du 37ème anniversaire de la création de la RTCN.
Il a indiqué que la partie grecque a, jusqu’à aujourd'hui, rejeté l'ensemble de nos propositions de solutions portant sur la crise chypriote, affirmant la prédisposition de son pays à retourner à la table des négociations mais avec de nouveaux modèles de solutions.
Il a relevé qu'il « est grand temps de prévoir une solution fondée sur l'égalité dans la souveraineté, en l'occurrence la Solution à deux Etats ».
Tatar a affirmé que la « présence de deux Etats et de deux peuples dans l'île chypriote implique le lancement d'une coopération fondée sur les réalités du terrain ».
Il a affirmé que son pays rejette les appels lancés pour qu'il renonce au « rôle garant et effectif d'Ankara à l'endroit de la RTCN, et pour rompre leurs relations avec la Turquie ».
Et Tatar de poursuivre : « Nous savons comment nous sommes parvenus ici. La Turquie fut le seul soutien à nos pères et à nos grands-pères lorsqu'ils combattaient avec courage pour la liberté et contre l'expansion grecque ».
Sur un autre plan, il a souligné que la RTCN défendra ses droits pour obtenir ses ressources situées dans le plateau continental, remerciant, dans ce cadre, l’appui turc apporté à son pays en la matière.
Depuis 1974, l'île de Chypre est traversée par une scission entre deux parties, turque dans le nord, et grecque dans le sud.
La République turco-chypriote fédérale a été créée en 1976 à l'issue d'une opération de paix lancée par l'armée turque dans l'île en 1974.
Le 15 novembre 1983, la RTCN a été fondée à la suite d'une décision entérinée, à l’unanimité, par le Parlement de de la République turco-chypriote fédérale, sur la base du principe de l'autodétermination.
Les Chypriotes-grecs ont rejeté le plan des Nations unies présenté en 2004 par l'ancien Secrétaire général Kofi Annan pour l'unification de l'île.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou