AA/Bujumbura/Jean Bosco
Les manifestations contre un troisième mandat du président burundais, Pierre Nkurunziza, ont repris, lundi, dans plusieurs communes de Bujumbura, avec des modes opératoires, différents d'une commune à l'autre, a cosntaté le correspondant de Anadolu.
Dans la commune urbaine de Kanyosha, un des foyers de la contestation, les jeunes manifestants montaient la garde surveillant toute personne
qui tenterait de se rendre en ville, à pieds ou en voiture. "il faut que tous restent dans le quartier, nous voulons leur dire nous n'irons pas travailler parceque notre dignité est bafouée, nous devons donc lutter ensemble jusqu’au bout", a déclaré à Anadolu, Anaclet Nzimpora de la commune Kanyosha.
Dans les communes de Ngagara et Cibitoke (au nord de la capitale), des jeunes ont tenté de remettre des barricades et de brûler les pneus, ce à quoi les policiers ont répliqué en tirant en l’air pour les disperser, a déclaré un manifestant.
En commune urbaine de Nyakabiga, environ 200 manifestants se sont rassemblés d'un seul côte de la chausée alors que des militaires se tenaient de l'autre côté prêts à réagir à tout mouvement, ont indiqué des témoins oculaires.
"La consigne est d'arrêter toute activité aussi bien dans le quartier que dans la ville jusqu’à ce que le président Nkurunziza se rende compte qu'il doit céder et renoncer au trosième mandat", a déclaré, lundi à Anadolu Audace Miburo, habitante du quartier Nyakabiga III.
Sans radios privées, toutes dévastées durant les quelques derniers jours, qui relayaient leur message, les organisateurs des manifestations anti trosième mandat de Nkurunziea, recourent aux réseaux sociaux pour passer leurs messages « Quittons la peur, retrouvons notre élan de mercredi avant le coup d'Etat" , lit-on sur le compte twitter officiel de l'activiste burundais des droits de l'Homme Pacifique Nininahazwe.
il appele en outre les manifestants à se rassembler, d'abord, dans les quartiers, afin d'entrer en ville ensemble soulignant, "la marche est pacifique: nous nous arrêtons quand la police nous affronte, nous nous asseyons les mains en l'air et reprenons la marche, ensuite".
Des témoins oculaires ont précisé à anadolu que ces consignes étaient, respectées à la lettre par les manifestants et que les forces de l'ordre tiraient des coups de feu en l'air pour empêcher les manifestants d'atteindreb le centre de la capitale.
Les forces de l'ordre et de l'armée ont réagi à cette action de manifestants en tirant des balles en l'air dans certains quartiers. Aucun bilan d'éventuelles victimes n'a été communqué par aucune partie jusqu'à 10h 20 GMT.
La tentative de coup d’Etat, lancée mercredi 13 mai par le général putschiste Godefroid Niyombare contre le président Nkurunziza, n'a pas fait long feu et a été annoncée échouée, par ses commanditaires eux mêmes, jeudi 14 mai en fin de journée.
Depuis près de trois semaines, Bujumbura est le théâtre de contestations quasi-quotidiennes contre la désignation de Nkurunziza comme le candidat du parti au pouvoir (Cndd-FDD) à l’élection présidentielle du 26 juin prochain.
Ces manifestations ont fait plus d'une vingtaine de morts et des centaines d'arrestations, selon un décompte établi par Anadolu auprès de sources humanitaires et sécuritaires.