AA/ Kigali/ Gaius Kowene
Seize anciens membres de la rébellion du Mouvement du 23 Mars « M23 » se sont échappés de leurs camps de cantonnement, a annoncé mercredi à Kigali, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.
S’exprimant lors d’une conférence de presse à la capitale rwandaise, elle a reconnu « leur droit de rentrer librement au Congo, leur pays». Dans ce sens, elle a encore affirmé: «Nous nous sommes acquittés de notre devoir et avons plusieurs fois appelé au gouvernement Congolais de les rapatrier. La balle est dans son camp. »
Ce retour hors du programme national de démobilisation, désarmement et réinsertion les expose aux griffes des forces de sécurité Congolaises. Le Rwanda accueille plus de 600 anciens rebelles du M23 depuis leur défaite militaire en Novembre 2013. Un autre groupe d’environs 1600 combattants avait trouvé refuge en Ouganda voisin.
Un mois après, le M23 a réussi à décrocher un accord de paix avec le gouvernement Congolais, sous la pression de la communauté internationale. Cet accord de Nairobi ( en référence à la capitale kenyane où il a été signé le 23 mars 2009) traitait entre autre de l’amnistie en faveur des rebelles, sans garantir l’impunité à ceux soupçonnés d’avoir commis des crimes graves. Le rapatriement des membres du M23, conformément au programme national de démobilisation et réinsertion sociale y occupe une place de choix.
En début décembre, la RDC a envoyé des diplomates en Ouganda avec pour le rapatriement les rebelles, bénéficiaires d’une amnistie. Mais, seulement 120 ont accepté de rentrer au Congo, les autres ont émis des craintes pour leur sécurité.
Les mêmes diplomates ont reporté leur visite prévue en décembre au Rwanda à une date ultérieure, qui n'a pas été fixée. Dans une correspondance adressée au ministère Rwandais des Affaires étrangères, la délégation justifiait ce report par la nomination d’un nouveau gouvernement en RDC.
Le Mouvement du 23-mars, également appelé M23, est un groupe créé à la suite de la guerre du Kivu. Il est composé d'ex-rebelles du CNDP réintégrés dans l'armée congolaise à la suite d'un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa.
Le président congolais Joseph Kabila a nommé, début décembre, un gouvernement d'union nationale attendu depuis plus d'un an par ses compatriotes. Le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, est maintenu à la tête de cette équipe de 47 membres, parmi lesquels figurent 7 opposants et 3 vice-Premiers ministres.