AA / Bangui / Thierry Brésillon
Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous a affirmé, lors d'une conférence de presse, que la relocalisation des musulmans du PK 12, quartier à la périphérie nord de Bangui, a été faite en toute transparence, répondant ainsi aux critiques du gouvernement centrafricain qui a estimé ne pas avoir été consulté pour cette évacuation.
« J’ai évoqué le problème de la relocalisation avec les autorités centrafricaines car nous avons le souci d’agir dans une transparence totale avec elles. Dans cette affaire, cela a bien été le cas et nous ferons encore mieux à l’avenir. » a déclaré Ladsous, samedi, répondant aux accusations du gouvernement centrafricain.
La Ministre de la santé Marguerite Samba-Maliavo et la ministre de la Réconciliation Antoinette Montaigne avaient en effet accusé publiquement les Nations Unies d'avoir pris "une décision unilatérale qui pourrait provoquer la partition de la RCA" suite à la relocalisation, le 21 avril 2014 de 93 personnes de PK12 à Bambari, puis celle des 1300 musulmans du même quartier le 27 avril 2014.
Face à ces critiques, Ladsous se justifie : « la politique des Nations unies privilégie la protection des civils à l’endroit où ils se trouvent. Ce n’est que dans des conditions extrêmes, quand les populations sont directement menacés de massacre et qu’elles souhaitent elles-mêmes être relocalisées temporairement, que nous pouvons envisager de tels mouvements. Cela a été le cas dans un nombre limité de situations " a-t-il rappelé avant de poursuivre " nous ne voulons pas créer de situation qui pourrait diviser le pays. Il est essentiel que ces gens puissent revenir. »
Interrogé par Anadolu, le représentant du Haut Comissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR) à Bangui, Kouassi Lazar Etien, a pour sa part affirmé que le Haut Commissariat " n'a pas manqué une occasion d'informer le gouvernement" et d'ajouter " A PK12 la menace était imminente et constante. Nous avons sauvé des vies".
« La relocalisation doit se faire en laissant un maximum de chance à un retour à la co-existence " a expliqué Lazare Etien. "Il faut bien noter que les populations de PK12 sont toujours sur le territoire centrafricain" avant de nuancer " Il est vrai que le soutien international n’est pas à la hauteur pour protéger les populations menacées, la protection fournie par les forces internationales ne règle que temporairement le problème qui risque de resurgir dès leur départ » .
Concernant de prochaines évacuations de musulmans, le représentant a indiqué qu'"il n' y a pas d'autres opérations de relocalisation programmées dans l’immédiat. Mais ce n’est pas tabou et si la situation l’exige, nous procéderons à de nouvelles opérations » a-t-il expliqué.
Le 1er avril, le HCR avait annoncé envisager la relocalisation de 19 000 musulmans soumis à une menace constante et imminente des milices anti-balakas dans différentes enclaves à travers le pays.
M.Ladsous est en visite en RCA depuis jeudi. Cette visite intervient concomitamment à la tournée africaine du ministre d’Etat américain, John Kerry,en vue de relancer les efforts de pacification de la RCA et du reste des régions embrasées d’Afrique Centrale.