Nadia Al Chahed
09 Octobre 2015•Mise à jour: 12 Octobre 2015
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Le président de l’Autorité nationale des élections (ANE) en République Centrafricaine (RCA) a annoncé sa décision de démissionner de son poste à la tête de cette instance en raison d'un "chronogramme irréaliste", a rapporté vendredi l'Organistation Réseau des Journalistes pour les Droits de l'Homme (RJDH).
Le RJDH a rapporté sur son site web que "Dieudonné Kombo-Yaya, président de l’ANE a annoncé, jeudi, sa démission en évoquant, entre autres causes un « chronogramme irréaliste » et des « pressions politiques » qui entâchent l’organisation technique des élections".
Kombo-Yaya a, par ailleurs, indiqué qu’il remettra vendredi sa démission officielle aux autorités, a ajouté la même source.
Jusqu'à 13H30 GMT, aucune annonce officielle de cette décision n'a encore été enregistrée.
Cette annonce intervient un peu plus d’un mois après celle de Godefroy Mokamanedé, vice-président de l’ANE.
Interrogé par Anadolu à ce propos, Mohamed Moussa Dhaffane président du mouvement Seleka-rénovée (groupes politico-militaires musulmans), a dit « ne pas être surpris » par cette annonce, notant qu’il voyait déjà venir les choses, depuis la démission du Vice-président de l’ANE.
«Dans les coulisses de cette institution électorale, des bruits courent que les autorités exercent des pressions permanentes sur le personnel de l’ANE», a-t-il encore déclaré.
Timoléon Mbaïkoua, Candidat indépendant à la Présidentielle, a, de son côté noté dans une déclaration à Anadolu : « C’est un coup dur pour le processus électoral, l’ANE est décapitée. Il y a un mois c’était son Vice-Président qui claque la porte en mettant en cause le dysfonctionnement interne de cette instance et le manque d’appui conséquent de la part de la communauté internationale. Maintenant, c’est le président de l'ANE qui annonce son départ. Cela veut dire que l’institution n’existe plus ».
Il a ajouté qu’en tant que candidat il s’inquiète quant au "risque de plus en plus grand de ne pas pouvoir tenir les élections comme convenu avant la fin de la transition soit avant la fin 2015".
Se prononçant récemment sur les dernières violences qui ont secoué le pays, depuis le jour de la fête du sacrifice-le 24 septembre- marqué par l’assassinat d’un musulman qui a conduit à des affrontements faisant 61 morts et 300 blessés en deux jours, selon un bilan officiel- le premier ministre centrafricain de la transition, Mahamat Kamoun, a laissé entendre la difficulté de tenir les élections dans les délais convenus soit le18 octobre pour le premier tour de la Présidentielle et des Législatives et le 22 novembre pour le second tour.
Kamoun a toutefois relevé que le gouvernement n’épargnera aucun effort pour que les élections soient organisées comme convenu, avant le 31 décembre 2015.