Hatem Kattou
21 Mai 2018•Mise à jour: 22 Mai 2018
AA/ Washington (Etats-Unis d’Amérique)/ Mohamed al-Bechir
Le Secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a annoncé, lundi, que Washington imposera à Téhéran "des sanctions financières sans précédent qui pourraient, également, être les plus dures de l’Histoire", en raison de son programme nucléaire et de "présumés assassinats secrets en Europe".
C’est ce qui ressort d’une allocution de Pompeo prononcée, lundi à l’Institut "The Heritage Foundation" à Washington, au sujet des nouvelles stratégies adoptées par les Etats-Unis vis-à-vis de l’Iran.
"Le Régime iranien ment à la Communauté internationale et œuvre en vue d’acquérir l’arme nucléaire", a-t-il souligné.
Selon l’ancien directeur de la CIA, l'Accord nucléaire signé avec l'Iran, dont les Etats-Unis se sont récemment retirés, comporte des clauses qui "ne font que retarder l'acquisition par Téhéran d'une bombe nucléaire".
Pompeo a, d’autre part, accusé l’Iran d’avoir mené des "assassinats secrets" en Europe sans préciser la nature des assassinats ou l’identité des personnes ciblées.
Il a, par ailleurs, assuré que les Etats-Unis allaient exercer une "pression financière sans précédent" sur le régime iranien, avec "les sanctions les plus fortes de l'Histoire".
Le Secrétaire d’Etat américain a rappelé que de nouvelles sanctions avaient été imposées à la Banque centrale de l’Iran, aux "Force Al-Qods" [forces spéciales des Gardiens de la Révolution islamique en Iran] ainsi qu’au Hezbollah libanais, indiquant "qu’elles en sont encore à leur balbutiement".
Selon Pompeo, "l’Administration de l’ex-président des Etats-Unis, Barack Obama, avait risqué en signant l’Accord en question avec l’Iran". A ses yeux, l’Accord avait aidé Téhéran à développer des missiles balistiques et à exploiter les fonds obtenus de l'Accord pour nourrir les guerres dans la région [du Moyen-Orient].
Il a souligné que l’Iran avait soutenu l’organisation de Hezbollah qui dirige ses armes vers Israël et envoyé des milices militaires en Syrie, lesquelles ayant contribué à maintenir la guerre sur le théâtre syrien. L’Iran avait, également selon Pompeo, soutenu les milices chiites au Yémen et les Talibans en Afghanistan.
Le président américain, Donald Trump, avait annoncé, le 8 mai, le retrait de Washington de l'Accord sur le nucléaire iranien ainsi que la reprise de sanctions économiques contre Téhéran. Aux yeux de Trump, l'Accord n'avait pas réussi à circonscrire les ambitions nucléaires de l'Iran, ni à freiner le développement de son programme de missiles balistiques.
La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient, de leurs côtés, annoncé avoir rejeté la décision américaine et affirmé qu’ils resteront parties de l’Accord.
Signé en juillet 2015 entre l’Iran, et la France, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, l’Allemagne et le Royaume-Uni, l’Accord sur le nucléaire iranien vise à limiter l’enrichissement d’uranium iranien et à lever les sanctions économiques contre le pays.