AA/
La Nouvelle armée populaire (New People’s Army), aile armée du Parti communiste des Philippines, a affirmé lundi 5 mai, avoir tué la semaine dernière, dix soldats du gouvernement dans le sud du pays, musulman, accusant l’armée de mentir sur les morts.
"La 110ème Division d’infanterie à l’est de Mindanao (île de l’archipel des Philippines) a minimisé, voire caché, l’importance des incidents, pour instaurer la terreur dans le cœur et l’esprit des civils", a avancé Rigoberto Sanchez, le porte-parole de la Nouvelle armée populaire, dénonçant l’implication des Etats-Unis dans la Région, l’accusant de "piétiner l’intégrité territoriale du pays".
Depuis mars 1969, la Nouvelle armée populaire mène aux Philippines l’une des plus longues insurrections de l’Asie. Dans une déclaration, Sanchez a indiqué que les attaques étaient une réponse à la "guerre psychologique intensifiée" de l’armée et aux opérations de combat à Davao.
La police a affirmé ce lundi que les rebelles avaient fait exploser une mine et ouvert le feu sur les troupes du gouvernement pendant une patrouille, dimanche matin, au village de Napungas à Mindanao. Mais elle n’a mentionné aucun décès. Plus tard, un officier militaire a accusé les rebelles de capturer les chercheurs d’or dans un site au sud pour s'en servir en tant que "bouclier humain".
Le chef régional de l’armée, le lieutenant-colonel Michael Logico a indiqué qu’environ 80 membres de la Nouvelle armée populaire n’avaient pas laissé 39 mineurs quitter le site, samedi, pour empêcher les troupes de les capturer.
Dans une autre déclaration, le Parti a dénoncé l’arrivée de 3 000 soldats américains pour participer au 30ème exercice militaire conjoint de Balikatan avec les forces armées des Philippines, soutenant que les manœuvres permettaient aux troupes américaines de s’intégrer dans les opérations de combats contre-guérillas.
Un accord de coopération militaire, permettant une plus grande présence de l’armée américaine aux Philippines avait été signé avant la visite officielle du Président Barack Obama dans le pays la semaine dernière. Les troupes vont mener des exercices à tirs réels, des manœuvres amphibies et des exercices de combats communs pendant les 10 prochains jours.
"L’affirmation selon laquelle les exercices Balikatan viseraient à renforcer les capacités d’action humanitaire et de réaction aux catastrophes est un prétexte pour l’objectif plus vaste de renforcement de la présence militaire des Etats-Unis aux Philippines", avance la déclaration.
"L’arrivée des troupes américaines et de leurs navires de guerres ainsi que de leurs avions de chasses révèle la violation répugnante de la souveraineté nationale philippine en cours et le piétinement de l’intégrité territoriale du pays", continue-t-elle.
Le dimanche, les leaders de l’Eglise ont demandé au gouvernement et aux insurgés communistes de reprendre les négociations pour mettre fin à la guerre civile qui dure depuis 42 ans. Cet appel intervient après l'échec des pourparlers il y a plus d’un an.
Le gouvernement avait signé un accord avec le plus grand groupe de rebelles du pays – le Front de libération islamique Moro – en mars, pourtant les pourparlers avec le Parti communiste et la Nouvelle armée populaire ont été bloqués.