AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'Etat français a démenti les allégations selon lesquelles il s'est vu obligé de verser une rançon aux ravisseurs d'Isabelle Prime, ressortissante française détenue au Yémen depuis février dernier, en vue de sa libération.
"En ce qui concerne l'Etat français, le principe est que nous ne payons pas de rançons", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères à Anadolu, citant le ministre Laurent Fabius. Selon le Quai d'Orsay, les services de l'Etat français "ont agi avec détermination et dans la discrétion" lors de l'opération menée dans la nuit de jeudi à vendredi, aboutissant sur la libération de Prime.
Pourtant, Chirine Makkewi, interprète de Prime, enlevée au même moment que cette dernière et enlevée un mois plus tard, a estimé vendredi la rançon versée pour la libération de la ressortissante française à "plus de 3 millions de dollars", dans une déclaration au quotidien régional, Ouest France.
Interogé sur les détails de l'opération et sur le versement éventuel d'une rançon, Fabius s'est montré réservé, affirmant seulement, "ce sont des négociations très compliquées sur lesquelles notre règle d'or, pour des raisons d'efficacité, est de rester extrêmement discret, lors de son intervention sur la chaîne BFMTV.
Les allégations de versement de rançons par la France pour ses otages à l'étranger avaient resurgi lors de la libération de l'avant-dernier otage français, Serge Lazarevic, des mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le député Les Républicains, Alain Marsaud, avait alors indiqué que la France a "forcément" versé une rançon pour la libération de Lazarevic tandis que les médias maliens évoquaient une somme de 20 millions d'euros, exigée par les ravisseurs.
La libération des quatre otages français avril dernier en Syrie aurait aussi coûté 13 millions d'euros à l'Etat français, selon l'hebdomadaire allemand Focus, citant des sources proches de l'OTAN. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, aurait alors pris contact avec Ankara pour le versement de la somme en question aux ravisseurs par l'intermédiaire des services secrets turcs.
La France serait par ailleurs le pays ayant versé la plus grande somme de rançon à Al Qaïda, selon une révélation de New York Times. Depuis 2008, l'organisation terroriste aurait touché 125 millions de dollars de rançon, dont la moitié versée par la France, pour la libération de ses ressortissants.
Isabelle Prime, dernière otage française au monde, est attendue à 19h à l’aéroport militaire de Villacoublay en France et sera accueillie par le président français François Hollande et Fabius.