AA/Karachi (Pakistan)/ Aamir Latif
Des hommes armés ont tué, mercredi, un officier de police assurant la sécurité d’un centre de vaccination contre la polio situé dans le Sud-ouest du Pakistan, a indiqué un responsable pakistanais.
L’officier de police a été abattu par des assaillants circulant à bord d'une moto dans la ville de Quetta, province du Baloutchistan, lors de la troisième attaque qui vise, en moins d’un mois, des militants de la vaccination contre la polio.
Les deux précédentes attaques sont survenues dans la capitale commerciale du Pakistan, Karachi.
Des témoins oculaires ont déclaré que le policier abattu, mercredi, avait été pris pour cible alors qu’il sortait d’une mosquée après les prières de la mi-journée, a indiqué le chef de la police de la ville, Ahmed Goraya.
Goraya a indiqué qu’un passant avait également été blessé dans la fusillade.
Les agents de la vaccination - qui se trouvaient à l’intérieur du centre de vaccination - n’ont, pour leur part, pas été touchés par les balles, a assuré Goraya.
Les militants de la vaccination contre la poliomyélite font face à des risques conséquents au Pakistan en raison d’une interdiction de facto imposée par les Talibans, lorsqu’il a été découvert que certaines campagnes de vaccination avaient été utilisées comme « couverture » par la CIA, l’agence des renseignements des Etats-Unis.
D’après des médias locaux, au moins quarante-et-un militants de la vaccination ont perdu la vie, tandis que de nombreux bénévoles reçoivent des menaces de morts.
En 1988, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) avait appelé à l’éradication de la polio dans le monde. Depuis lors, les cas de poliomyélite ont été très fortement réduits, d’après l’OMS.
L’Afghanistan, le Nigéria et le Pakistan demeurent cependant affectés de manière endémique par la maladie.
La poliomyélite est une maladie infectieuse causant une paralysie totale en seulement quelques heures. Elle affecte particulièrement les enfants âgés de moins de cinq ans.