AA/ Ouagadougou/ Ouedraogo Boukary
La capitale burkinabè, Ouagadougou, est depuis vendredi matin secouée par des heurts déclenchés par des centaines de manifestants opposés au référendum que compte opérer le président Blaise Compaoré pour la modification de l’article 37 de la Constitution. Laquelle modification lui permettra de briguer un nouveau mandat présidentiel.
Depuis ce matin, les principales artères de la capitale du Burkina Faso sont barricadées par des groupes de jeunes manifestant contre le référendum que compte opérer le président Blaise Compaoré, a rapporté un correspondant de Anadolu.
L’avenue Charles de Gaulle, voie menant à l’échangeur de l’Est de la ville, était difficilement accessible aux automobilistes. Des pneus en flammes et autres objets barraient ce chemin.
Parmi les groupes de jeunes qui manifestaient figuraient les membres du collectif anti-référendum. Hervé Ouattara, président du collectif, a déclaré à Anadolu : « nous refusons de céder le pays à un gouvernement qui prend l’avenir de son peuple à la légère ».
Energiquement opposé à toute modification de la Constitution du Burkina Faso, M.Ouattara dénonce « un mandat à vie du président Compaoré ».
Pour Laurent Monet, secrétaire général du collectif anti-référendum, « les autorités burkinabè ont montré une fois de plus qu’ils n’aiment pas leur pays ». Tirant la sonnette d’alarme quant à la situation actuelle qui prévaut au Burkian Faso, il a ajouté : « si les choses continuent ainsi, le pays sera ingouvernable et sans lois, car nous n’allons plus respecter la loi, également ».
Le collectif anti-référendum appelle le président du Faso, a-t-il poursuivi, à « retirer son projet de loi de l’Assemblée nationale avant qu’il ne soit trop tard ».
La Compagnie républicaine de sécurité (CRS) déployée sur le terrain s’est contentée de dégager les voies. Depuis le début des manifestations contre le projet de loi récemment adopté par le gouvernement en vue de modifier la Constitution, la police évite d’intervenir directement. Elle recourt généralement à des négociations pour amener les jeunes à libérer les voies.
La candidature de Blaise Compaoré pour un nouveau mandat présidentiel est depuis 2005 contestée. Toutefois, il a à maintes reprises émis, ces derniers temps, la volonté de modifier l’article 37 de la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Cet agissement a rencontré un certain désistement aussi bien du côté de l’opposition que de la société civile et continue de bouleverser la scène politique burkinabè.
D’ailleurs, des partis de l’opposition burkinabé ont dernièrement prôné la désobéissance civile pour empêcher le président Blaise Compaoré, 27 ans au pouvoir, de modifier l’article 37 de la Constitution, afin de se maintenir à la tête de l’Etat burkinabé.