AA/ Kinshasa/Dakar/ Charly Kasereka/ Babacar Dione
Après l’arrestation dimanche d’une trentaine d’activistes africains et de journalistes étrangers par la grade républicaine, une dizaine de jeunes du mouvement citoyen « Lucha » hostile à une nouvelle candidature du président Joesph Kabila, et deux journalistes belges ont été arrêtés par les forecs de sécurité, mardi à Goma, a rapporté un activiste à Anadolu.
Alors que les premiers avaient été arrêtés pendant qu'ils prenaient part à une conférence de presse à l’occasion du lancement du nouveau mouvement social congolais « Filimbi », l’arrestation des seconds a eu lieu pendant qu’ils manifestaient mardi matin devant le bureau de l'agence nationale de renseignements de Goma. Parmi une dizaine d'arrêtés, figurent deux expatriées, dont une chercheuse belge, ont rapporté des témoins à Anadolu.
Les manifestants scandaient des slogans dénonçant les agissements de la garde républicaine à l’encontre des activistes, dont « Un citoyen engagé n'est pas un terroristes ». Dans ce sens, un des manifestants a déclaré à Anadolu : « Nous sommes venus pour qu'on nous arrête aussi. Ainsi, nous serons tous à l'intérieur. »
Les manifestants ont réclamé, mardi, la libération de tous les activistes arrêtés, afin de rompre leur mouvement protestataire, avant que les forces de l'ordre n'arrêtent une dizaine parmi eux.
Dénonçant les agissements musclés des forces de sécurité, plusieurs organisations non gouvernementales sénégalaises « Ongs » ont appelé, mercredi, le gouvernement du Sénégal à intervenir pour la libération des activistes sénégalais et africains arrêtés au Congo.
« Nous exigeons la libération de nos frères. Ils participaient à un combat noble » a déclaré à la presse Cheikh Oumar Toure, un des membres du mouvement sénégalais Y'en a marre, dont des membres ont été arrêté dimanche à Kinshasa. La société internationale pour La Défense des droits de l'homme « Sidh » a, pour sa part, exigé la libération « pure et simple » des jeunes activistes.
Alioune Tine, directeur d'Amnesty international pour l'Afrique de l'ouest et du centre a joint sa voix à celles précédentes appelant également au respect de la liberté d’expression et à la libération des détenus, dans des déclarations à la presse.
Le coordonnateur du mouvement sénégalais « Y'en a marre », le rappeur Malal Tall et Aliou Sane et Oscibi Johann du mouvement « balai citoyen » du Burkina Faso ainsi qu’un diplomate américain et quatre journalistes étrangers avaient été arrêtés dimanche en RDC alors qu'ils participaient au lancement du mouvement « Filimbi » qui lutte contre une nouvelle candidature du président Joseph Kabila a la présidentielle prochaine. Seuls le diplomate américain et les journalistes étrangers ont été libérés, dimanche, après avoir été interpelés.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a déclaré lundi soir à Kinshasa, que les activistes africains, leaders de mouvements citoyens arrêtés dimanche, avaient pour intention de "promouvoir la violence et déstabiliser le pays".