AA-Bamako- Fabien Offner -
A l'initiative de la Mission multidimensionnelle intégrée des des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (Minusma), deux ateliers de réflexion non ouverts aux médias ont réuni jeudi et vendredi des ministres du gouvernement malien, des représentants des groupes armés rebelles dans le nord du pays, des experts et des membres de la société civile dans le but de relancer le dialogue politique au Mali.
"C'est (les deux ateliers) un catalyseur pour assurer que la dialogue politique inclusif démarre le plus vite possible", a déclaré vendredi à Anadolu Albert Gerard Koenders, représentant spécial de l'ONU au Mali. "Il faut créer de la confiance, aborder les vraies questions. Autrement, la méfiance sera toujours de mise. C'est l'atout majeur de cet événement".
Le premier atelier a porté sur les accords de paix passés. Le second sur les conditions d'application du cantonnement des groupes armés.
Présenté par l'accord de Ouagadougou signé en juin 2013 comme une "première étape" avant le désarmement en vue d'une solution définitive à la crise, le cantonnement des groupes armés n'est pas effectif.
"Seuls 1 847 combattants figurent sur la liste dressée aux fins du cantonnement. Un nombre encore plus restreint est en fait cantonné dans trois sites dans la région de Kidal. Pour les groupes armés, l’insécurité qui règne dans le nord est le principal facteur qui empêche le cantonnement d’un plus grand nombre de combattants", écrit l'ONU dans son dernier rapport sur la situation au Mali.
"Nous sommes là en tant que bons offices et pour construire la confiance. Cela peut déboucher sur une feuille de route assez précise", a indiqué Koenders.
Les rebelles du Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA), du Haut Conseil pour l'Unité de l'Azawad (HCUA) et du Mouvement Arabe de l'Azawad (MAA) ont répondu à l'invitation mais certains ne sont pas convaincus de l'utilité de ces deux journées.
"C'est toujours la même chose. Ce n'est pas en s'asseyant ici que les choses vont avancer", a déclaré à Anadolu Mohamed el-Maouloud Ramadan, représentant d'une des branches du MAA.
Les groupes rebelles avaient accepté dans l'accord de Ouagadougou le principe dintégrité territoriale du Mali.