AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Au moins dix personnes ont été tuées et une église incendiée dans deux attaques séparées dans l’Etat de Borno, attribuées par des sources locales au groupe armé Boko Haram.
«Lorsqu’ils sont venus hier [mardi] vers 3h du matin, ils ont tué dix habitants de notre village et brûlé nos maisons» a déclaré, mercredi, par téléphone, à l’Agence Anadolu (AA), Dauda Bulkachuwa, un habitant du village d’Amuda rattaché au gouvernement local de Gwoza, à Borno.
« J’ai entendu dire qu’ils avaient également incendié les villages d’Attagara et Ngoshe. Ils nous ramènent à l’âge de pierre» a déploré Bulkachuwa.
Une source militaire a indiqué qu’un avion de combat avait été envoyé de Yola, dans l’Etat voisin d’Adamawa, pour repousser l’attaque contre le village de Ngoshe.
« Mais les terroristes s’étaient déjà enfuis lorsque l’avion des Forces aériennes est arrivé sur les lieux » a confié la source militaire, sous couvert d’anonymat, à Anadolu.
Des avions de combats de l’armée ont été stationnés à Yola depuis l’attaque de Boko Haram, en décembre dernier, contre les quartiers généraux des Forces armées du Nigéria, à Maiduguri, capitale provinciale de Borno. Les hommes armés avaient, selon certaines informations, détruit tous les avions parqués dans la base militaire.
Les habitants d’Attagara avaient réussi à repousser précédemment une attaque, et ce dernier massacre serait une sorte de représaille.
«Nous étions dans une église lorsqu’ils sont arrivés [la fois précédente]. Ils nous ont tiré dessus et massacré avec des machettes, mais des chasseurs se sont mobilisés pour défier les terroristes » se rappelle un villageois du nom de Simeon Adamu, ajoutant, toujours à Anadolu, qu’ils s’attendaient à des représailles et avaient quitté le village avant même la venue des hommes armés, hier, mardi.
« Ils ont incendié nos maisons et détruit notre école primaire et notre église, apparemment par frustration» a ajouté Adamu. Un chasseur du nom de Dima Haileru a confirmé l’attaque.
« Nous avons quitté le village parce que nous savions qu’ils reviendraient en force pour se venger des lourdes pertes que nous leur avons fait subir» a expliqué, par téléphone, Haileru, à Anadolu.
Le Borno a été l’Etat le plus touché par l’insurrection meurtrière menée depuis cinq ans par le groupe armé Boko Haram.
Cette secte a été accusée de plusieurs attaques contre des lieux de cultes et des institutions gouvernementales, de la mort de milliers de personnes, et du récent rapt de plus d’une centaine de lycéennes dans leur établissement secondaire, à Chibok, dans l’Etat du Borno.
Le jeudi 29 mai, le gouvernement nigérian a annoncé qu’il offrirait l’amnistie aux combattants de Boko Haram qui accepteraient de déposer les armes et de choisir la paix.